Un scénario similaire à celui qui a opposé le ministère de la Justice aux avocats semble aujourd’hui se profiler avec, cette fois-ci, les adouls. Ces derniers se mobilisent contre la réforme de leur profession portée par le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, dont les relations avec le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, se seraient tendues depuis que ce dernier a décidé de geler la réforme des avocats. La question se pose désormais : assistera-t-on au même dénouement avec les adouls et leur mouvement de grève ?
Acteurs clés dans les procédures judiciaires et notariales, les adouls ont choisi les deux premiers jours du Ramadan, vraisemblablement jeudi et vendredi, pour suspendre leur activité. Une première action ramadanesque qui pourrait se prolonger ou se répéter si aucun compromis n’est trouvé d’ici là.
Comme dans le cas des avocats, un bras de fer semble inévitable. Les adouls affichent leur détermination à aller loin dans leur mobilisation et réclament l’arbitrage du chef du gouvernement. Ce dernier avait, pour rappel, temporairement apaisé la colère des robes noires en promettant un réexamen du projet de réforme, voire son retrait, ou du moins une prise en compte de leurs revendications que le ministre de la Justice avait catégoriquement rejetées.
Si les doléances des adouls ne trouvent pas d’écho favorable et si celles des avocats, malgré les assurances données, restent lettre morte, le front anti-Ouahbi pourrait s’élargir à d’autres professions concernées par les chantiers de réforme. Le spectre d’une paralysie prolongée des tribunaux, semblable à celle vécue récemment durant une semaine, refait ainsi surface.
Face à ces mouvements de protestation successifs, Abdellatif Ouahbi maintient son cap. Il refuse, pour l’heure, toute remise en question du contenu de ses réformes, qu’il présente comme inédites dans l’histoire de la justice marocaine. Il défend une modernisation qu’il juge indispensable pour améliorer le fonctionnement des professions judiciaires au service du citoyen. Un discours que ses détracteurs attribuent davantage à une posture personnelle qu’à une réelle volonté de consensus.
Par Jalil Nouri



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