L’affaire dite du « tunnel de la drogue » entre Sebta occupée et le Maroc continue de révéler de nouveaux développements particulièrement troublants. Au fil des investigations menées par la justice espagnole, plusieurs éléments sensibles émergent autour d’un ancien officier de la Guardia Civil, soupçonné d’avoir entretenu des relations étroites avec des figures influentes du trafic international de stupéfiants.
L’affaire avait éclaté il y a plusieurs semaines après la découverte spectaculaire d’un tunnel souterrain reliant Sebta occupée au territoire marocain, soupçonné d’avoir servi au passage clandestin de cargaisons de drogue. Selon les premiers éléments de l’enquête espagnole, cette infrastructure secrète, aménagée avec des moyens techniques importants, aurait été utilisée par des réseaux organisés afin de contourner les contrôles de sécurité et faciliter le trafic de haschich entre les deux rives. La découverte de ce passage souterrain avait immédiatement provoqué une onde de choc en Espagne, tant par le niveau de sophistication du dispositif que par les soupçons de complicités internes ayant pu permettre son fonctionnement durant une longue période sans être détecté.
Selon plusieurs médias ibériques, l’ancien membre de la Guardia Civil, actuellement en détention, a reconnu devant la justice avoir été en contact téléphonique avec un narcotrafiquant recherché, surnommé « Messi du haschich ». Le suspect a toutefois tenté de minimiser la portée de ces échanges, affirmant qu’ils relevaient de simples « consultations professionnelles ».
Les enquêteurs se sont également intéressés à un cadeau particulièrement compromettant : une montre de luxe estimée à près de 40.000 euros, que l’ancien officier affirme avoir reçue après une rencontre organisée à Tanger. Il soutient qu’il s’agissait d’un geste personnel sans lien avec des activités illégales et rejette toute accusation de corruption.
Mais plusieurs éléments fragilisent cette ligne de défense. Des enregistrements audio attribués au suspect évoqueraient le transport de cargaisons provenant de la côte africaine. Face aux magistrats, l’ancien officier aurait ensuite tenté de nuancer ses propos en expliquant qu’il faisait en réalité référence à des fruits de saison.
De son côté, l’unité espagnole de lutte contre le trafic de drogue, l’UDYCO, poursuit ses investigations sur d’éventuelles ramifications entre les membres du réseau et certains milieux liés aux appareils sécuritaires. Les enquêteurs auraient également identifié plusieurs déplacements suspects effectués par l’ancien officier en compagnie d’un individu surnommé « l’ingénieur de la drogue », considéré comme l’un des cerveaux présumés de l’opération.
Le train de vie de l’ancien garde civil intrigue aussi les autorités. Des perquisitions ont permis la saisie de sommes d’argent, d’une voiture de luxe de type Audi Q5 Sportback, de montres haut de gamme ainsi que de plusieurs biens immobiliers situés à Sebta et en dehors de l’enclave occupée.
Au-delà du trafic lui-même, cette affaire soulève désormais une problématique beaucoup plus sensible : celle de l’infiltration potentielle du crime organisé dans certains rouages des institutions chargées de lutter contre ces réseaux. Une situation qui embarrasse fortement les autorités espagnoles et qui pourrait encore réserver de nombreuses révélations dans les prochaines semaines.












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