Le président américain Donald Trump a annoncé samedi sa volonté de procéder à une réduction substantielle du nombre de soldats américains déployés en Allemagne, allant au-delà des 5 000 hommes déjà évoqués la veille par le Pentagone. Interrogé par des journalistes à West Palm Beach, en Floride, Trump a été explicite : la réduction sera « bien plus importante » que ce chiffre initial.
Washington envisage de ramener sa présence militaire en Allemagne d’environ 15 % par rapport aux 36 436 soldats actuellement déployés sur le sol allemand. Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a indiqué que ce retrait pourrait être achevé dans un délai de six à douze mois. Cette annonce a suscité une vive réaction au sein même du camp républicain : les présidents des commissions des forces armées des deux chambres du Congrès, Mike Rogers et Roger Wicker, ont exprimé leur « profonde inquiétude », estimant que cette décision envoie « le mauvais signal » au président russe Vladimir Poutine. Ils ont mis en garde contre les risques d’un désengagement prématuré avant que les capacités défensives des alliés européens ne soient pleinement opérationnelles.
Du côté allemand, le secrétaire à la Guerre Boris Pistorius a reconnu que ce retrait était « prévisible » et appelé les Européens à assumer davantage de responsabilités en matière de sécurité collective, tout en soulignant que la présence américaine demeure dans l’intérêt mutuel des deux pays en tant que force de dissuasion.
Les tensions entre Washington et Berlin s’inscrivent dans un contexte plus large de frictions transatlantiques liées à la guerre déclenchée par Trump contre l’Iran fin février. Le chancelier Friedrich Merz avait estimé lundi que les Américains manquaient « clairement d’une stratégie » face à Téhéran, une déclaration à laquelle Trump avait répondu vertement mardi en accusant Merz de tolérer l’idée d’une Iran nucléaire. Trump a par ailleurs menacé jeudi de retirer ses troupes d’Italie et d’Espagne, deux pays qui s’opposent à ce conflit, les qualifiant d' »effroyables » dans leur manque de soutien. Au 31 décembre 2025, les États-Unis comptaient 12 662 soldats en Italie et 3 814 en Espagne. L’OTAN a indiqué travailler avec Washington pour « clarifier les détails » de sa décision, tandis que l’Union européenne a rappelé que la présence militaire américaine en Europe « sert également les intérêts des États-Unis dans leurs opérations mondiales ».












Contactez Nous