Cinq sièges, cinq partis. Le scrutin législatif du 23 septembre a donné à Tanger-Assilah une délégation parlementaire aux couleurs du PJD, du PAM, du Mouvement populaire, de l’Istiqlal et du RNI. Aucun de ces partis n’a remporté plus d’un siège. Cette répartition donne à voir la diversité des choix exprimés dans une circonscription où se côtoient quartiers populaires, zones industrielles, espaces touristiques et communes aux besoins différents. Derrière les étiquettes se trouvent aussi cinq parcours : des élus locaux, des responsables associatifs et des figures déjà familières de la Chambre des représentants. Qui sont ces députés, quelle expérience apportent-ils et comment comptent-ils défendre Tanger et Assilah ? Voici leurs portraits.
Mohamed Bouzidane Badri — Parti de la justice et du développement (PJD). Sa liste arrive en tête avec 25.886 voix. Mohamed Bouzidane connaît la politique locale : il a présidé l’arrondissement de Mghogha de 2015 à 2021 et dirigé le groupe du PJD au conseil communal de Tanger. Secrétaire provincial de son parti, il a notamment pris position sur la conduite des projets municipaux et la place des associations dans les décisions locales. Son entrée à la Chambre marque le retour du PJD parmi les députés de Tanger-Assilah après son absence de la délégation élue en 2021. Son expérience d’élu de proximité sera désormais confrontée aux exigences du travail parlementaire.
Abdellatif Ghalbzouri — Parti authenticité et modernité (PAM). Élu avec 13.687 voix, il arrive au Parlement après un long parcours dans l’organisation du PAM et les institutions régionales. Né dans la province d’Al Hoceïma, il a étudié le droit public à Fès, puis obtenu un master en droit administratif à Tanger. Son parti le présente également comme ancien directeur de la Chambre d’artisanat de la région. Secrétaire régional du PAM, il est devenu vice-président du conseil de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, où il a notamment suivi des dossiers culturels. À Rabat, il devra faire valoir cette connaissance des collectivités tout en répondant directement aux attentes des habitants de Tanger et d’Assilah.
Mohamed Zemmouri — Mouvement populaire (MP). Sa liste recueille 12 010 voix. Figure ancienne de la vie politique tangéroise et professionnel de l’immobilier, Mohamed Zemmouri siégeait déjà à la Chambre pendant la législature 2021-2026, alors sous l’étiquette de l’Union constitutionnelle. Il y appartenait à la commission chargée notamment de l’intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat et de la politique de la ville. Son élection sous les couleurs du Mouvement populaire prolonge donc son mandat tout en changeant son appartenance partisane. Pour les électeurs, cette continuité permet de juger ses interventions sur des dossiers qu’il connaît de longue date, à commencer par l’urbanisme et le logement.
Mohamed Hammami — Parti de l’Istiqlal. Avec 7.755 voix, le député sortant conserve le siège de son parti. Commerçant de profession, il préside également l’arrondissement de Béni Makada, l’un des secteurs les plus peuplés de Tanger. Ce double ancrage, communal et parlementaire, lui donne une connaissance directe des demandes adressées aux élus : équipements, voirie, services et conditions de vie dans les quartiers. Il lui impose aussi de rendre lisible la part de chaque responsabilité. À la Chambre, Mohamed Hammami aura à montrer comment les préoccupations recueillies à Béni Makada peuvent trouver une réponse dans les décisions prises à l’échelle nationale.
Abdelouahed Boulaich — Rassemblement national des indépendants (RNI). Élu avec 7.199 voix, il arrive à la Chambre fort d’une expérience dans le sport, la vie associative et la politique municipale. Il a exercé des responsabilités au sein de l’Union de Tanger de basketball et préside la Fondation Tanger Métropole, active dans les domaines culturel, social et éducatif. Au conseil communal, il a dirigé le groupe du RNI et présidé une commission consacrée notamment aux affaires sociales et culturelles. Ce parcours l’a placé au contact de nombreux acteurs de la ville. Son mandat parlementaire permettra de mesurer comment il transforme ces liens de terrain en initiatives pour l’emploi, la jeunesse et les services publics.
À la porte de l’Europe, Tanger concentre des ambitions qui dépassent ses frontières. Son port, ses usines et son attractivité touristique en font une vitrine du Maroc, mais cette réussite oblige ses cinq députés à regarder aussi ce que vivent les habitants de Tanger et d’Assilah : trouver un emploi, se loger, se déplacer, accéder aux soins et à une école de qualité. Issus de cinq partis et de parcours différents, ils partagent le même devoir de représentation. Il leur revient de porter ces besoins à la Chambre, de contrôler l’action du gouvernement, de suivre les dossiers jusqu’à leur aboutissement et de rendre compte régulièrement de leurs votes comme de leurs résultats. C’est à cette présence, sur le terrain autant qu’à Rabat, que les électeurs pourront mesurer leur mandat.












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