Alors que le président français Emmanuel Macron s’est récemment félicité d’un réchauffement sans précédent des relations entre Paris et Rabat, la question mérite d’être posée côté marocain : comment la France est-elle perçue par les Marocains en 2025, toutes générations confondues ?
Vu du Royaume, la relation franco-marocaine reste marquée par une profonde densité historique, humaine et économique. La France demeure un partenaire majeur, à la fois premier investisseur étranger dans plusieurs secteurs stratégiques, destination privilégiée pour les étudiants marocains et pays d’accueil d’une importante diaspora. Sur le plan culturel et éducatif, la langue française continue d’occuper une place significative, notamment dans l’enseignement, les affaires et l’administration.
Mais cette relation n’est plus regardée avec la même naïveté qu’autrefois. Les Marocains, notamment les jeunes générations, portent un regard plus critique et décomplexé. Si la coopération est appréciée lorsqu’elle repose sur le respect mutuel et des intérêts équilibrés, les postures jugées condescendantes, les lenteurs administratives ou certaines ambiguïtés diplomatiques sont désormais ouvertement questionnées.
Une interrogation persiste également : la France de 2025 a-t-elle totalement dépassé le prisme de l’ancien protectorat ? Beaucoup de Marocains estiment que, malgré les discours officiels, le Royaume reste parfois réduit, dans certains cercles français, à une destination touristique ou à un espace d’opportunités économiques, sans reconnaissance suffisante de ses compétences humaines, de sa modernité institutionnelle et de son rôle géopolitique régional.
Le passé du protectorat continue ainsi d’influencer les imaginaires des deux côtés, mais de manière asymétrique. Là où les Marocains ont largement intégré et dépassé cet héritage, ils attendent de la France une lecture plus contemporaine du partenariat, fondée sur l’égalité souveraine.
En 2025, l’image de la France chez les Marocains demeure globalement positive, mais elle n’est plus inconditionnelle. Elle dépend désormais de la capacité de Paris à considérer Rabat non comme un héritage du passé, mais comme un partenaire stratégique du présent et de l’avenir.
Par Salma Semmar











Contactez Nous
Très intéressant et légitime ! Bonne journée à tous