Sans crier gare, les adouls du pays, chargés notamment de la rédaction de divers actes, dont celui du mariage, ont décidé de déserter leurs espaces de travail durant toute la semaine prochaine, en guise de protestation contre le projet de réforme de leur activité.
Ce durcissement intervient au moment même où le chef du gouvernement tente de trouver un compromis avec les avocats, eux aussi opposés à une réforme jugée indésirable. La situation rappelle le précédent mouvement qui avait paralysé les tribunaux durant plusieurs jours, privant les citoyens de services essentiels et de documents urgents, souvent indispensables.
Pour les adouls, il s’agit du deuxième appel à la grève, cette fois plus long que le précédent, qui n’avait duré que deux jours sans aboutir à une solution avec le ministre.
Pour le peu de temps qu’il lui reste à la tête du département de la Justice, le ministre Abdelatif Ouahbi semble avoir réussi la prouesse de coaliser contre lui plusieurs professions relevant de sa tutelle, toutes vent debout contre les réformes qu’il entend instaurer. Son ambition affichée de moderniser le secteur et de laisser l’empreinte d’un ministre réformateur actif se heurte toutefois à une méthode contestée.
Car si la réforme apparaît nécessaire aux yeux de nombreux observateurs, elle aurait sans doute gagné à être conduite sur la base d’un dialogue constructif et d’une concertation élargie avec les parties concernées.
En adoptant une posture perçue comme verticale plutôt que participative, le ministre aurait pu éviter ces arrêts de travail qui entravent le fonctionnement de la justice et portent atteinte au droit des citoyens à accéder à des services publics sans retards ni désagréments. Pour ceux qui en subissent les conséquences, la situation devient de plus en plus difficilement supportable.
Par Jalil Nouri



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