Une campagne de sensibilisation visant à encourager les derniers jeunes non inscrits à accomplir sans tarder les formalités nécessaires pour figurer sur les listes électorales en vue des élections législatives du 23 septembre prochain a bien été lancée dans les délais. Cependant, force est de constater que le résultat demeure, une fois de plus, peu convaincant.
Pourtant conçue, en principe, dans un langage et un style destinés à séduire le public jeune, notamment à travers les réseaux sociaux, cette campagne semble ne pas avoir bénéficié de véritables tests d’impact permettant d’évaluer l’efficacité du message diffusé. L’objectif du ministère de l’Intérieur, à l’origine de cette initiative, est pourtant clair : mobiliser cette frange de la population qui constitue le plus important réservoir électoral d’un pays majoritairement jeune et connecté, mais souvent éloigné de la vie politique par méconnaissance des enjeux.
Or, les spots diffusés à la télévision peinent à s’inscrire dans cette logique. Tant par leur ton que par les images utilisées, ils reproduisent des schémas déjà vus lors de précédentes campagnes, avec une approche généraliste et peu engageante. On a davantage l’impression d’assister à une campagne institutionnelle classique qu’à une opération destinée à susciter l’adhésion des jeunes électeurs. Plus regrettable encore, la notion de devoir citoyen et constitutionnel y apparaît peu mise en avant, tout comme l’importance de disposer d’une carte d’électeur, aussi essentielle au processus démocratique que la carte nationale d’identité l’est à la vie administrative.
Pourtant, d’autres formes de sensibilisation, plus directes et plus proches du terrain, pourraient probablement produire un impact supérieur. Des actions de proximité, adaptées aux réalités socioculturelles des différentes régions du pays et s’exprimant dans les dialectes compris par les publics visés, seraient sans doute plus efficaces pour convaincre les jeunes de participer à la vie démocratique et de se rendre massivement aux urnes le jour du scrutin.
Par Jalil Nouri












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