L’influenceuse provocatrice Mayssa Salama Ennaji a-t-elle oublié, pour une fois, de tourner sa langue sept fois avant d’affirmer publiquement qu’elle ne respectait pas le jeûne durant le mois de Ramadan ? Une déclaration perçue par beaucoup comme une incitation à suivre ce qu’ils considèrent comme un mauvais exemple.
Passe encore lorsque la pasionaria des réseaux sociaux, forte de son million de followers, s’attaque au leader islamiste Benkirane ou au chef du gouvernement Akhannouch. Passe encore pour ses sorties jugées incontrôlées ou approximatives. Mais cette fois-ci, elle se retrouve exposée à des poursuites judiciaires et risque une peine de prison pour avoir rendu publique une position qu’elle aurait pu, le cas échéant, justifier pour des raisons médicales.
La “madone” des réseaux sociaux, dont la notoriété reste pour certains difficile à expliquer en dehors de l’impact parfois chaotique du numérique, se retrouve désormais dans une situation délicate. Si la justice décide d’engager des poursuites, comme cela a déjà été le cas pour des faits jugés moins sensibles, l’affaire pourrait prendre une autre dimension, tant le sujet du jeûne demeure délicat dans l’espace public.
C’est peut-être l’absence de plaintes formelles de la part des personnalités et institutions qu’elle a prises pour cible depuis ses débuts médiatiques qui l’a confortée dans l’idée qu’elle pouvait tout dire, sans retenue ni lignes rouges. Une exposition soudaine et un succès rapide peuvent parfois donner le vertige, surtout lorsqu’on n’a pas été préparé au rôle que l’on finit par incarner.
Si la plainte déposée par un avocat à la suite de ses propos aboutit, la machine judiciaire suivra son cours. D’autres, avant elle, ont appris à leurs dépens que jouer avec le feu de la provocation peut conduire à de lourdes conséquences. Il appartiendra désormais à la justice de se prononcer.
Par Jalil Nouri










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