En pleine période de grave crise internationale, de risques et de tensions accrus, y compris localement au niveau social, les syndicats sont venus rappeler leur part dans l’équation pour demander expressément qu’il soit mis fin à la dégradation des conditions de vie des citoyens, à commencer par une lutte claire contre l’inflation galopante qui, il est vrai, connaît pour l’instant un regain inexpliqué.
Ce réflexe, connu par le passé et consistant à saisir les opportunités offertes par des situations telles que celle d’aujourd’hui pour se rappeler au bon souvenir de tous à l’approche des élections, donne l’impression que cet opportunisme étudié n’est pas un vain mot. Jouant sur le registre de la proximité comme arme de séduction pour recruter des adhérents, ces centrales, dont la démarche n’est pas à généraliser, comptent bien durcir le ton et mobiliser contre le gouvernement, se mettant ainsi avec dévouement au service des partis qui les ont créées, une particularité marocaine du reste introuvable ailleurs dans les sociétés démocratiques.
L’approche de la fête du Travail n’est pas non plus étrangère à ce réveil syndical, l’événement étant également exploité comme un échauffement prévu pour les élections, à six mois de leur tenue, lesquelles dépendront aussi de l’issue de la situation internationale actuelle.
Mais avec la tension internationale qui règne actuellement et la nervosité ambiante dans tous les appareils de l’État, les syndicats optant pour la carte de la provocation pourraient se brûler les doigts en voulant politiser cette fête et créer un amalgame susceptible de se retourner contre eux et de les éloigner des masses ouvrières.
Rien n’empêche les autorités de prévenir ces manipulations en intervenant plus qu’elles ne le font contre la spéculation et cette inflation injustifiée qui enflamme marchés et commerces, en s’attaquant en priorité aux franges les plus vulnérables.
Par Jalil Nouri










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