Plus les élections approchent, plus les partis de la majorité aux affaires montrent leurs divergences, quand ils ne font pas preuve de critiques sévères contre la formation du RNI, désormais non dirigée par Akhannouch, chef de ce gouvernement pour quelques mois encore.
Ces divergences se sont manifestées encore une fois lors de la réunion ministérielle sur la crise actuelle, lundi, et plus encore avant cette date, lorsque les partenaires du RNI dans cette coalition ont affiché leur désaccord sur la manière dont sont distribuées les aides.
La récente subvention accordée aux transporteurs a déclenché des volées de bois vert et un mécontentement accru quant à la façon dont elle a été décidée, aux bases sur lesquelles les montants ont été fixés et aux bénéficiaires censés en profiter. Dans d’autres circonstances, cela aurait pu paraître normal, mais à l’approche du scrutin, chacun semble vouloir tirer la couverture à lui, sans se soucier de faire imploser cette alliance fragile, en raison de la dégradation des relations et du climat.
Plus tôt, et à maintes reprises, le chef du gouvernement a eu vent des critiques publiques de ses alliés lors de leurs meetings, portant sur sa gestion jugée défaillante de certains dossiers, menée de manière unilatérale, son incapacité à relancer le dialogue social et à faire aboutir certaines réformes, notamment en matière de justice et de politique de création d’emplois promises. Il est également accusé de passer le plus clair de son temps à s’auto-congratuler pour les bons résultats obtenus dans différents secteurs, en ignorant ses alliés.
Pour couronner le tout, le PAM et l’Istiqlal ne cessent de répéter, à qui veut les entendre, que c’est à Akhannouch, chef du gouvernement “intuitu personae”, de réunir les trois formations composant sa majorité gouvernementale, et non à son successeur, Chouki, récemment élu à la tête du RNI, de le faire, celui-ci n’étant pas habilité à présider une telle réunion de coordination essentielle à la bonne gestion des affaires de la nation.
On le voit, l’avenir du gouvernement ne tient qu’à un fil, pouvant rompre à tout moment. Selon certains membres des partis représentés au gouvernement, ces dissensions commencent à peser lourdement sur l’atmosphère des réunions hebdomadaires de l’Exécutif, alors que celle de coordination des trois partis de la majorité ne s’est pas tenue depuis très longtemps, après avoir été reportée à trois reprises sans explication ni justification, laissant les dirigeants des formations dans l’expectative.
Par Jalil Nouri



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