Autrefois liés dans un bloc de l’opposition au Parlement, dans une coalition contre-nature qui n’a pas trop duré, les formations du PPS, de l’USFP et du PJD constitueront une particularité lors des élections de cette année, avec des leaders ayant usé leurs fauteuils.
Nabil Benabdellah y siège depuis 2010, Driss Lachgar depuis 2012 et l’islamiste Benkirane depuis 2008, cumulant, avec intermittence, trois mandats à la tête du PJD. Ceci prouve au moins une chose : la longévité en politique est une particularité au Maroc, avec la présence très rare d’un leader relativement jeune, sauf pour le RNI qui vient de porter à sa présidence un quadra passé par la direction de son groupe parlementaire.
Pour les trois premiers, le discours du rajeunissement de la classe politique ne passe plus, et les prochaines élections pourraient montrer un décalage entre des leaders militant pour l’intégration des jeunes en politique et la réalité dans leurs états-majors, où ni les femmes ni les jeunes adultes ne sont représentés de manière convaincante, ni ne les voit accéder au leadership, tant que ces “rentiers” partisans continueront à occuper le devant de la scène, bien qu’ils n’aient jamais, pour certains, été élus directement par le peuple.
Pour un observateur étranger de la chose politique nationale, la persistance d’une telle longévité de la classe politique peut paraître anormale et peu susceptible de jouer un rôle dynamique et novateur en se renouvelant, perpétuant ainsi cette rente, parfois jusqu’aux membres de la famille. Cela s’est notamment vu à l’Istiqlal avec Nizar Baraka, actuel ministre et dauphin de son beau-père, qui dirigeait le parti avant lui.
L’évidence sautant aux yeux, il sera difficile aux chefs de ces partis précités de présenter les programmes de leurs formations en faveur des jeunes par la voix de leaders dont l’histoire avec eux reste profondément marquée par une longue prédominance, qui ne laisse guère d’espoir aux jeunes de s’y intégrer, sachant qu’ils n’auront que peu de chances d’accéder à des postes occupés ad vitam aeternam.
Par Jalil Nouri












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