Dans un contexte de relations désormais consolidées et marquées par une convergence stratégique affirmée, Rabat et Paris s’apprêtent à franchir une nouvelle étape. La visite d’État du Roi Mohammed VI en France, prévue à l’automne 2026, s’annonce comme un moment fort appelé à consacrer la solidité et la profondeur du partenariat entre les deux pays. Ce déplacement, le premier du Souverain marocain dans l’Hexagone depuis 2012, intervient dans une dynamique positive, renforcée ces dernières années par des positions communes sur des dossiers majeurs, dont celui du Sahara marocain.
Au cœur de cette relance diplomatique figure un projet ambitieux : la signature d’un traité bilatéral inédit destiné à poser les bases d’un partenariat stratégique renouvelé. Pour préparer ce texte, un « comité des sages » composé de onze personnalités issues d’horizons variés a été mis en place. Côté français, les travaux sont pilotés par l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, tandis que la partie marocaine est coordonnée par Chakib Benmoussa, haut-commissaire au Plan.
Ce groupe, qui rassemble notamment des figures politiques, économiques et culturelles, a entamé ses travaux lors d’une première réunion tenue à Rabat en mars dernier. Fonctionnant de manière informelle, ses membres travaillent bénévolement, alternant leurs rencontres entre les institutions françaises et marocaines. Une première version du traité est attendue d’ici mai 2026.
Le futur accord devrait couvrir un large éventail de domaines stratégiques. Il ambitionne de renforcer la coopération économique, d’intensifier les échanges diplomatiques et culturels, mais aussi de développer les partenariats universitaires et scientifiques. Des questions sensibles, telles que la migration ou le rôle de la société civile, devraient également y être intégrées, traduisant une volonté d’aborder la relation bilatérale dans toute sa complexité.
Un point demeure toutefois au centre des discussions : la question du Sahara. Rabat insiste pour que la souveraineté marocaine sur ce territoire soit explicitement mentionnée dans le texte final. Si la France a déjà exprimé un soutien clair à cette position en 2024, son inscription formelle dans un traité bilatéral représenterait une évolution diplomatique majeure, susceptible d’avoir des répercussions sur l’équilibre régional, notamment vis-à-vis de l’Algérie.
Parallèlement, la relance des mécanismes institutionnels entre les deux pays constitue un autre signal fort. La reprise de la réunion de haut niveau entre les chefs de gouvernement, prévue en mai 2026 après plusieurs années d’interruption, témoigne d’une volonté partagée de réactiver les canaux de dialogue et de coordination. Ce rendez-vous devrait préparer le terrain politique et technique de la visite royale.
Au-delà des symboles, ce déplacement du Roi Mohammed VI pourrait ainsi marquer un véritable tournant dans les relations franco-marocaines. Dans un contexte international en mutation, Paris cherche à consolider ses partenariats stratégiques hors Union européenne, tandis que Rabat entend affirmer son rôle de puissance régionale incontournable.
Si les négociations aboutissent, cette visite d’État pourrait consacrer une nouvelle ère de coopération, fondée sur des intérêts convergents, mais aussi sur une volonté commune de dépasser les crispations du passé. Une page diplomatique pourrait alors se tourner, au profit d’un partenariat repensé et assumé.










Contactez Nous