Le Maroc confirme, une fois de plus, son statut de partenaire militaire de premier plan sur le continent africain. Lors du Sommet des forces terrestres africaines organisé à Rome du 22 au 24 mars 2026, les États-Unis ont dévoilé leur intention de lancer au Royaume un centre régional de formation aux drones, présenté comme un futur levier de coopération sécuritaire à l’échelle du continent.
Cette annonce est intervenue dans le cadre de la 13e édition de ce rendez-vous annuel piloté par la Southern European Task Force, Africa (SETAF-AF), au nom de l’armée américaine. Le sommet, consacré cette année au thème de la sécurité partagée à travers l’innovation, a réuni plus de 300 participants, dont des responsables militaires africains, des industriels et des experts des nouvelles technologies de défense.
Le choix du Maroc n’a rien d’anodin. Le Royaume doit servir de point de départ à ce programme, dont la première phase est appelée à être lancée à l’occasion de l’exercice African Lion 2026, prévu au Maroc mais aussi en Tunisie, au Sénégal et au Ghana. Selon les informations relayées par plusieurs sources concordantes, ce dispositif a vocation à bâtir une capacité durable, appelée ensuite à être reproduite dans d’autres zones d’Afrique.
À travers cette future structure, l’objectif affiché par Washington est double : former des opérateurs africains à l’usage des drones tout en favorisant le partage d’expertise, d’informations et de solutions technologiques adaptées aux nouvelles menaces. Dans un contexte continental marqué par la montée des défis sécuritaires, notamment au Sahel et dans plusieurs zones fragiles, les drones apparaissent désormais comme des outils devenus centraux dans la surveillance, le renseignement et l’appui tactique.
Pour Rabat, cette désignation vient renforcer une position déjà bien établie dans l’architecture sécuritaire régionale soutenue par les États-Unis. La participation marocaine aux travaux du sommet, notamment à travers la présence du général de division Mohammed Lakouti, illustre cette place croissante dans les dispositifs de coopération militaire de haut niveau.
Au-delà du volet strictement militaire, cette décision traduit également la confiance accordée au Maroc en matière de stabilité, de logistique et de capacité d’encadrement. Le futur centre pourrait ainsi devenir un pôle de référence pour la formation régionale aux technologies de défense émergentes, à un moment où l’innovation militaire s’impose comme un facteur décisif dans la prévention et la gestion des crises.
Ce projet confirme enfin une tendance plus large : le Royaume n’est plus seulement perçu comme un partenaire sécuritaire classique, mais comme une plateforme de projection, de formation et d’expérimentation au service d’une coopération africaine élargie. Si le programme annoncé à Rome se concrétise comme prévu dans les prochaines semaines, le Maroc pourrait s’imposer davantage encore comme l’un des pivots de la nouvelle stratégie sécuritaire occidentale sur le continent.












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