Avec ce témoignage-hommage, j’espère apporter un faisceau de plus pour illuminer le souvenir de cet artiste hors pair au lendemain de sa disparition accidentelle, après des complications médicales suite à une opération sur lesquelles l’on ne reviendra pas.
Notre première rencontre remonte au démarrage de la radio Medi 1, début 1980, lors d’une occasion inopinée au cours d’un gala, saisie pour l’inviter à visiter la station et y faire sa première interview. Ce souvenir est revenu en mémoire en apprenant son décès.
Plusieurs invitations privées s’en suivront de part et d’autre depuis lors pour tisser, au fil du temps, les fils d’une amitié sincère et solide, désintéressée, sauf pour des parties de rigolade. Car le cher disparu avait un goût prononcé pour les anecdotes, évitant la médisance. Modeste sur scène et dans la vie de tous les jours, l’homme était chaleureux mais savait garder ses distances quand il le fallait et se faire respecter.
Surtout avec les journalistes qu’il ne connaissait pas et qui étaient tentés d’empiéter sur sa vie privée. Il n’était pas aisé d’obtenir un entretien sans montrer patte blanche. Il était toujours d’une humeur égale, rarement changeante, sauf avec les indélicats qu’il recadrait aussitôt. Il répondait aux salutations dans les lieux publics avec la même courtoisie et n’aimait pas trop parler de lui ni de ses projets artistiques pour garder par la suite l’effet de surprise et découvrir, à chaque fois, une facette de son talent.
Jusqu’au jour où je le retrouve au Festival de Fès des Musiques Sacrées après avoir appris qu’il allait présenter pour la première fois un récital d’œuvres d’inspiration soufie. Malheureusement vite oubliées par la puissance de ses chansons modernes éternelles, au contraire de celles de son ami Abdelhadi Belkhayat, dont sa célèbre « Mounfarija », dont il louait la réussite et le succès mérités au niveau arabo-musulman.
Dans sa ville natale de Fès, il possédait un riad où il lui arrivait de m’inviter pour se retrouver dans des concerts privés organisés par son voisin du « Sherazade », le Dr Belghazi. D’autres événements dignes d’intérêt nous réunissaient de temps en temps. Tant de beaux souvenirs ne s’oublient pas. Qu’il repose en paix après une belle et intense carrière. Le Maroc tout entier a pleuré, ce vendredi saint, sa légende Doukkali.
Par Jalil Nouri












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