Quand le New Yorker consacre un long article aux Lions de l’Atlas à la veille de la Coupe du monde 2026, on ne peut qu’apprécier la qualité du regard. L’article est nuancé, bien documenté, respectueux de la complexité marocaine. Il reconnaît que le Maroc résiste aux catégories simples — ni purement africain, ni purement arabe, ni réductible à l’une ou l’autre case. C’est rare pour un média occidental, et cela mérite d’être salué.
Mais il y a quelque chose que l’article ne voit pas. Ou plutôt : quelque chose qu’il voit sans le comprendre tout à fait.
« Il voit une équipe de football extraordinaire. Il voit un parcours qui force l’admiration. Il voit un pays qui a transformé l’émigration en avantage compétitif, une identité assumée sans hiérarchie, une génération dorée qui porte le drapeau amazigh et le drapeau palestinien avec la même évidence. Et il conclut, admiratif : voilà le symbole du Global South qui croit en lui-même. »
Ce n’est pas faux. Mais c’est insuffisant.
Ce que le New Yorker manque, c’est l’écosystème.
Le football marocain n’est pas une réussite isolée. Ce n’est pas un miracle sportif né du hasard ou de la passion populaire seule. C’est la manifestation la plus visible et la plus internationale d’une vision de gouvernance portée de longue date par Sa Majesté le Roi Mohammed VI — que Dieu L’assiste.
Cette vision traverse tous les domaines : l’éducation, l’économie, la culture, les infrastructures, le sport. Partout la même logique : investir sur le long terme, planifier avec cohérence, affirmer sans complexe ce que le Maroc est et où il va. Le football n’est que l’endroit où tout cela devient soudainement visible pour le monde entier.
L’Académie Mohammed VI de Football à Salé — cent adolescents recrutés chaque année, logés, formés, encadrés — est le produit d’une décision politique claire : la jeunesse marocaine est un capital national. Le recrutement de la diaspora n’est pas une improvisation de circonstance. C’est une stratégie qui repose sur une conviction profonde : l’identité marocaine est assez enracinée pour traverser les frontières. Dix-neuf des vingt-six joueurs de la sélection 2026 sont nés à l’étranger. Ce chiffre n’est pas un paradoxe. C’est une célébration.
Car quand Hakimi, Brahim Díaz ou El Aynaoui choisissent de jouer pour le Maroc — parfois après avoir eu d’autres options — ils ne font pas un calcul. Ils font un acte d’appartenance. Ils disent : cette identité est en nous, indépendamment du pays où nous sommes nés, du passeport que nous portons, de la langue dans laquelle nous rêvons. La diaspora qui revêt le maillot des Lions de l’Atlas ne comble pas un manque — elle célèbre un enracinement que la migration n’a jamais effacé. C’est une des choses les plus belles que cette équipe dit sur le Maroc, sans même avoir besoin de le formuler.
Et c’est peut-être là que réside le malentendu occidental. Quand on voit le Maroc à la septième place mondiale, quand on voit cette équipe sophistiquée, multilingue, tactiquement innovante, on cherche une explication ponctuelle. Un bon coach. Des joueurs talentueux nés à l’étranger. Une passion culturelle. Le New Yorker construit une belle histoire à partir de ces éléments — et il a raison de le faire. Mais la vraie explication est plus simple et plus profonde : c’est le résultat normal d’une gouvernance qui investit, qui planifie, qui construit.
Le Maroc 2026 n’est pas un symbole. C’est une conséquence.
L’admiration occidentale, si sincère soit-elle, reste prisonnière d’un cadre : elle aime les underdog, elle aime les miracles, elle aime les pays du Global South qui “y croient enfin”. Mais le Maroc n’est plus un underdog. Et ce qui se passe n’est pas un miracle. C’est le résultat d’un travail patient et cohérent, porté par une vision qui ne s’est jamais limitée à un seul secteur.
Oui, nous avons nos problèmes. Aucune nation n’en est exempte. Mais on progresse. Et ce progrès se voit — sur les terrains de football comme ailleurs.
Si le Maroc doit être un symbole, qu’il soit un symbole de cela : le progrès réel d’un pays qui sait ce qu’il est, et la gouvernance visionnaire de Sa Majesté le Roi qui en est le moteur.
Le reste, l’Occident peut le lire comme il veut.
Par Meriem SMIDI










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Bravo Meriem pour cette belle illustration. Le Maroc 🇲🇦 continue d’avancer et de se développer dans plusieurs domaines grâce à une vision ambitieuse et aux grandes orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste. Merci pour ce bel hommage à notre beau pays.