À chaque élection, le spectre de l’achat de voix ressurgit, entachant la confiance des citoyens en leurs institutions. Cet acte consiste à monnayer les votes, compromettant ainsi l’égalité des chances entre candidats et la crédibilité de la démocratie. Cependant, à la veille des élections de 2026, le ministère de l’Intérieur marocain a mis en place une série d’initiatives pour lutter contre ce fléau.
D’abord, le ministère a renforcé le contrôle des dépenses électorales. Chaque candidat doit désormais ouvrir un compte bancaire dédié à sa campagne, où toutes les transactions doivent être tracées et contrôlées par la Cour des comptes. Ce dispositif vise à limiter les fonds non déclarés et à garantir une plus grande transparence.
En parallèle, les sanctions ont été durcies. Désormais, une infraction avérée liée à l’achat de voix peut entraîner une inéligibilité immédiate du candidat, sans parler des poursuites pénales. De plus, des cellules de signalement ont été mises en place au niveau local, permettant aux citoyens de dénoncer rapidement toute tentative de corruption.
Le ministère a également mobilisé les autorités locales – walis, gouverneurs, commissions électorales – pour assurer une vigilance accrue sur le terrain. L’objectif est de prévenir les pratiques d’achat en amont, en intervenant dès les premiers soupçons, lors des campagnes sur le terrain. Enfin, la modernisation du processus électoral a été accélérée : listes électorales numérisées, dépôt électronique des candidatures et bulletins de vote clarifiés sont autant de garde-fous.
Mais au-delà des dispositifs légaux, le combat est aussi citoyen. Sensibiliser les électeurs à la valeur de leur vote est essentiel. Un billet ou une promesse éphémère ne doivent pas faire oublier qu’un vote responsable détermine les cinq prochaines années de gouvernance.
En somme, le ministère de l’Intérieur a armé l’État : contrôle financier, répression sévère et vigilance locale. Mais la vraie victoire viendra aussi de chaque citoyen, conscient que sa voix n’a pas de prix. Une démocratie ne se vend pas, elle se défend par la loi et par la conscience collective.
Par Salma Semmar












Contactez Nous