Alors que de nombreuses collectivités territoriales continuent de faire face à d’importants besoins en infrastructures, en équipements publics et en services de proximité, les finances locales affichent, à fin juin 2026, un excédent budgétaire de 8,25 milliards de dirhams. Un chiffre qui, bien qu’en recul par rapport aux 10,22 milliards enregistrés à la même période de l’année précédente, relance le débat sur la capacité des collectivités à transformer leurs ressources financières en réalisations concrètes au bénéfice des citoyens.
Selon le dernier Bulletin mensuel de statistiques des finances locales publié par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), cet excédent comprend également un solde positif de 2,36 milliards de dirhams provenant des comptes spéciaux et des budgets annexes. Ces ressources sont destinées, en principe, à financer des dépenses déjà engagées ou programmées au cours de l’exercice 2026.
Les recettes ordinaires des collectivités territoriales poursuivent leur progression. Elles se sont établies à 28,4 milliards de dirhams, soit une hausse de 3,5 % sur un an. Cette évolution résulte principalement de l’amélioration des recettes directement gérées par les collectivités (+18,9 %), tandis que les ressources transférées par l’État connaissent une légère baisse de 0,3 %.
Dans le même temps, les dépenses ordinaires atteignent 14,27 milliards de dirhams, en progression de 5,1 %. Cette augmentation s’explique essentiellement par la hausse des dépenses liées aux biens et services (+6,3 %) ainsi que par l’évolution de la masse salariale (+4,6 %).
Si ces indicateurs traduisent une gestion financière globalement équilibrée, ils mettent également en évidence une réalité souvent dénoncée par les observateurs : les collectivités territoriales peinent encore à exécuter rapidement leurs programmes d’investissement. Entre les lourdeurs administratives, les procédures complexes de passation des marchés publics, les retards dans les études techniques, les difficultés d’expropriation ou encore les lenteurs dans la réalisation des travaux, une partie importante des crédits reste immobilisée pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.
La TGR rappelle d’ailleurs que les excédents globaux cumulés des collectivités atteignent désormais 71 milliards de dirhams, en tenant compte des reports des exercices précédents. Ces montants ne constituent toutefois pas des ressources entièrement disponibles : ils servent notamment à couvrir des dépenses engagées mais non encore payées, des programmes reportés ainsi que les besoins courants de trésorerie liés aux salaires, aux factures d’eau et d’électricité, aux loyers, aux intérêts de la dette ou encore aux contrats de gestion déléguée.
Les communes concentrent à elles seules 64,5 % de ces excédents, ce qui illustre le poids financier des collectivités de proximité dans la gestion des budgets locaux.
Reste que ce paradoxe continue d’interpeller. Dans plusieurs villes et communes, les citoyens réclament davantage de routes, d’espaces verts, d’équipements sportifs, d’écoles, de centres de santé ou encore de réseaux d’assainissement. Voir plusieurs milliards de dirhams demeurer dans les caisses, alors que les attentes de la population restent importantes, nourrit inévitablement les interrogations sur l’efficacité de la gouvernance locale.
Au-delà de la bonne santé apparente des finances des collectivités territoriales, le véritable défi consiste désormais à accélérer l’exécution des projets, à simplifier les procédures et à transformer plus rapidement les ressources budgétaires en investissements visibles et utiles pour améliorer durablement le cadre de vie des citoyens.












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