Les autorités marocaines ne sont pas à l’abri de nouvelles manipulations de l’opinion publique, d’origine interne ou externe, à l’image des récentes campagnes d’incitation visant à forcer massivement le passage de la frontière avec les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Des appels qui, rappelons-le, ont finalement tourné au fiasco pour les aventuriers de cette opération.
Pour les élections législatives du 23 septembre, le risque d’une vaste opération de désinformation, sous des prétextes fallacieux, ne peut être écarté. Celle-ci pourrait chercher à démobiliser les électeurs, particulièrement les jeunes, sur lesquels repose en grande partie l’espoir de donner un nouveau souffle à ces élections, aussi bien par leur vote que par la présentation de candidatures de moins de 35 ans.
Ces jeunes pourraient faire leur entrée au Parlement en nombre significatif, notamment comme élus indépendants, et faire de cette expérience une nouvelle approche de l’engagement politique. Leur présence pourrait également introduire une dynamique inédite au Parlement et, plus largement, dans la vie législative, à condition, bien entendu, que ces candidats parviennent à convaincre les électeurs et à rafler la mise.
Dès à présent, les pouvoirs publics doivent donc se préparer, à travers une veille d’anticipation, à une éventuelle exploitation des réseaux sociaux, à partir de comptes opérant depuis l’étranger mais aussi, et surtout, depuis le Maroc, dans le but de perturber le processus démocratique. De telles campagnes pourraient notamment chercher à inciter les citoyens à ne pas se rendre aux urnes ou à s’abstenir de faire un choix, avec pour conséquence de dénaturer l’expression de la volonté populaire et l’accomplissement d’un devoir national et constitutionnel.
Les moyens technologiques dont disposent les services compétents pour prévenir et détecter de telles opérations ne manquent pas. Ils devraient permettre d’identifier suffisamment tôt les éventuelles manœuvres coordonnées et d’y répondre dans le strict respect de la loi, sans pour autant confondre désinformation organisée et libre expression des opinions politiques.
Une campagne de sensibilisation pourrait également être menée afin de mieux prémunir les citoyens contre les fausses informations et les tentatives de manipulation. Le danger peut venir de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur. Dans ce dernier cas, l’identification des responsables pourrait être plus aisée et les auteurs d’éventuelles infractions devraient répondre de leurs actes conformément à la législation en vigueur.
Par Jalil Nouri












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