De crainte de voir, lui aussi, ses élus à la tête des provinces sahariennes tourner casaque, se détourner du parti et succomber aux sirènes de ses adversaires, mais également pour réaffirmer son attachement historique à ces régions, l’Istiqlal y a dépêché, le week-end dernier, une forte délégation présidée par son secrétaire général, Nizar Baraka. Objectif : consolider sa présence en vue des prochaines élections législatives et dans la perspective du futur plan d’autonomie, tout en mobilisant ses troupes locales face aux tentatives de ses adversaires de modifier le rapport de forces.
Réunissant les notables à Dakhla, où un jeu de chaises musicales s’est récemment opéré au profit du PAM, le secrétaire général de l’Istiqlal semble désormais avoir intégré une réalité : les prochaines élections ne seront ni de tout repos ni synonymes de victoire assurée. Nizar Baraka s’est surtout attaché à prêcher pour sa paroisse, sans citer nommément les formations adverses, notamment le PAM et le RNI. Il a préféré mettre en avant les liens historiques de l’Istiqlal avec les provinces sahariennes et rappeler, comme exemple emblématique, le poids du parti dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, longtemps considérée comme l’un de ses fiefs, avant que le PAM ne commence à s’y intéresser avec insistance.
À travers cette visite préélectorale, la formation de la Balance laisse également transparaître sa crainte de voir certaines cartes stratégiques lui échapper, particulièrement face à un PAM qui avance désormais ses pions dans les provinces du Sud et entend s’y imposer comme une force du présent et de l’avenir. Le parti nourrit notamment des ambitions à Laâyoune, après avoir renforcé sa position à Dakhla avec le ralliement de Yanja El Khattat.
Car derrière les deux hommes forts des provinces sahariennes, Hamdi Ould Errachid à Laâyoune et Yanja El Khattat à Dakhla, se dessine en réalité une double bataille : celle de la suprématie régionale lors des prochaines élections législatives et celle du positionnement politique dans la perspective d’une éventuelle mise en œuvre du plan d’autonomie marocain, qui bénéficie d’un soutien international croissant.
Cette bataille pour la représentation politique des provinces sahariennes devrait ainsi se prolonger jusqu’aux élections de septembre, avec la possibilité de nouvelles surprises et de ralliements de dernière minute, dont certains pourraient déjà se préparer dans la plus grande discrétion.
La visite express de Nizar Baraka, destinée à afficher assurance, mobilisation et optimisme, n’a donc rien de fortuit. Derrière la démonstration de force se devine aussi une inquiétude : celle de voir un territoire historiquement stratégique pour l’Istiqlal devenir le théâtre d’une nouvelle redistribution des cartes politiques.












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