Les semaines passent et les bilans se ressemblent dangereusement. Entre le 17 et le 23 août, 28 personnes ont perdu la vie et 2.806 autres ont été blessées dans des accidents de la circulation survenus en périmètre urbain au Maroc. Parmi les victimes, 121 ont été grièvement blessées.
Au total, 2.066 accidents ont été enregistrés en seulement sept jours, selon le bilan communiqué par la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN).
Derrière ces statistiques froides se cache une réalité beaucoup plus brutale : cela représente en moyenne quatre morts par jour, uniquement sur les routes urbaines.
Et le plus inquiétant est ailleurs. La semaine précédente, du 10 au 16 août, le bilan était encore plus lourd : 31 morts et 2.876 blessés dans 2.073 accidents. En additionnant les deux périodes, ce sont donc 59 morts et 5.682 blessés en quatorze jours.
Toujours les mêmes causes
La liste des principales causes dressée par la DGSN ressemble, elle aussi, à un mauvais refrain : inattention des conducteurs, non-respect de la priorité, inattention des piétons, perte de maîtrise du véhicule et excès de vitesse.
Viennent ensuite les changements de direction interdits, le non-respect des distances de sécurité, l’absence de clignotant, le non-respect du stop ou du feu rouge, les dépassements dangereux, la conduite en état d’ébriété ou encore la circulation en sens interdit.
Autrement dit, une partie importante du problème renvoie toujours au comportement humain et au non-respect des règles élémentaires de circulation.
Pourtant, les contrôles sont loin d’être inexistants.
Durant cette seule semaine, les services de police ont enregistré 53.295 contraventions, établi 8.398 procès-verbaux transmis au parquet et encaissé 44.897 amendes transactionnelles, représentant près de 9,75 millions de dirhams. Parallèlement, 5.531 véhicules ont été placés en fourrière et 636 autres retirés de la circulation.
Sanctionner ne suffit manifestement plus
Une question devient alors incontournable : si les contrôles se multiplient et les amendes également, pourquoi le nombre de victimes reste-t-il aussi élevé ?
Les chiffres de 2025 donnent à cette interrogation une dimension nationale particulièrement préoccupante. Selon les statistiques provisoires de la NARSA, le Maroc a enregistré 160.347 accidents corporels et 4.577 morts en 2025. Le nombre de décès a progressé de 25,5 % en une seule année.
Le constat suggère que la répression, indispensable, ne peut constituer à elle seule une politique de sécurité routière.
Il faut agir également sur la prévention, l’éducation dès le plus jeune âge, la formation des conducteurs, le comportement des piétons, l’aménagement des routes et des villes, mais aussi sur cette banalisation quotidienne des petites infractions qui finissent parfois par provoquer de grands drames.
Un feu rouge brûlé, quelques kilomètres/heure supplémentaires, un téléphone regardé pendant quelques secondes ou une priorité refusée peuvent paraître anodins à celui qui les commet. Sur la route, ils peuvent pourtant suffire à faire basculer plusieurs vies.
Combien de morts faudra-t-il encore ?
À force d’être publiés chaque semaine, les bilans de la DGSN risquent paradoxalement de perdre leur capacité à provoquer une réaction collective.
28 morts cette semaine, 31 la précédente. Puis viendra un autre bilan.
La sécurité routière ne peut pourtant devenir une simple succession de statistiques auxquelles l’opinion publique finit par s’habituer.
Avec 4.577 morts enregistrés en 2025, le Maroc dispose désormais d’un signal d’alarme suffisamment puissant pour remettre la question au centre des politiques publiques.
Car derrière chaque unité ajoutée à ces statistiques se trouve une famille endeuillée. Et la véritable question n’est peut-être plus de savoir pourquoi les routes marocaines continuent de tuer autant, mais combien de morts supplémentaires faudra-t-il encore pour que la sécurité routière redevienne une véritable urgence nationale ?












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Comportement des chauffards irresponsables et irrespectueux.pas assez de contrôle malgré beaucoup de barrages mais pas au bon endroit
Plus de répression pour les fautes feu rouge piétons lignes blanches et section de route ouï la route au Maroc c’est la loterie tu passes ou sa casse
Le respect du code de la route et répression stricte, la « sensibilisation » a assez durée . Une file une voiture, 5 places = 5 occupants, ceintures attachées, 2 maxi sur une mobilité tte, franchissement de ligne et feux respectés au niveau de la ligne et pas 10 m devant, klaxon interdit….. faire respecter tout cela et ce sera un bon début, le code de la route est d’une anarchie monumentale et peux d’infractions. Si en France toutes les infractions que je vois etaient réalisées le déficit serait vite absorbé….commencons par la !