Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, ne manque ces jours-ci aucune occasion de prendre la parole et préside les meetings préélectoraux organisés par son parti, le RNI, à travers tout le pays, comme s’il en était toujours le leader, bien qu’il ait quitté la direction de la formation.
Dans une répartition des rôles qui suscite forcément des interrogations, lui et son successeur à la tête du parti, Mohamed Chaouki, se relaient pour prendre la parole, avec toutefois un avantage marqué pour Akhannouch. Son discours et son comportement donnent parfois l’impression qu’il a toujours la main sur le RNI et qu’il continue d’en orienter la stratégie en coulisses.
La preuve en est qu’Akhannouch tient à préserver sa stature d’homme politique de premier rang, évitant généralement de se lancer lui-même dans les attaques frontales et outrancières contre le rival du PAM, devenu la cible privilégiée de nombreux discours et déclarations au sein du RNI.
Laissant à d’autres cadors de sa formation le soin de mener les offensives les plus virulentes, Akhannouch semble se réserver et, surtout, donner de plus en plus l’impression qu’il n’a pas véritablement l’intention de quitter la politique malgré le souhait exprimé de prendre ses distances.
La question mérite alors d’être posée : serait-il tenté de batailler pour redevenir chef du gouvernement si sa formation remportait le scrutin du 23 septembre ? À voir son omniprésence actuelle dans la campagne du RNI, difficile d’écarter totalement cette hypothèse.
Dans ses différentes interventions lors des meetings, une autre tendance se dessine clairement : Akhannouch tire la couverture vers son bilan et celui du RNI, revendiquant une large part des réalisations accomplies par le pays durant les cinq années de son mandat.
Après les critiques parfois très dures dont il a été la cible durant cette législature, l’homme ne donne donc pas l’image d’un responsable politique ayant définitivement rangé les armes. Au contraire, Akhannouch semble toujours prêt au combat, déterminé à défendre son bilan, son parti et sa place dans le paysage politique.
À quelques semaines des élections, une interrogation devient dès lors inévitable : Aziz Akhannouch a-t-il réellement quitté la direction du RNI ou a-t-il seulement changé de position pour mieux continuer à peser sur son avenir ?












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