Elle était attendue, elle n’a pas déçu au Maroc et a permis de remettre les pendules à l’heure. La prise de parole de Pedro Sánchez a délivré un message clair : la coopération avec le Maroc reste indispensable à l’Espagne et la crise de Ceuta ne saurait, en l’état des informations disponibles, être imputée aux autorités marocaines.
Le chef du gouvernement espagnol a bien choisi ses mots pour sa première longue intervention consacrée aux événements de Ceuta depuis plusieurs semaines. Une sortie tardive, certes, mais politiquement importante à la veille d’une rentrée parlementaire espagnole qui promet d’être particulièrement agitée sur ce dossier.
Pedro Sánchez s’est montré déterminé à dédouaner Rabat de toute intervention dans l’assaut contre la frontière de l’enclave. Il a affirmé qu’aucune information provenant des forces de sécurité espagnoles, du CNI ou d’autres services de renseignement ne permettait d’établir une participation, sous quelque forme que ce soit, des autorités marocaines dans la crise migratoire du 30 juillet.
Plus encore, le chef de l’Exécutif espagnol a insisté sur la coopération avec Rabat, qualifiée de « franchement positive » en matière migratoire. Il a rappelé l’important déploiement policier effectué par les autorités marocaines dans la région de Fnideq dès le déclenchement de la crise. Pour Sánchez, le constat est simple : sans coopération avec le Maroc, la crise ne pourrait être résolue et risquerait au contraire de s’aggraver.
Une réponse aux accusations contre Rabat
Cette intervention vient surtout contrer les accusations lancées depuis plusieurs semaines par une partie de la droite et de l’extrême droite espagnoles contre le Maroc. Rabat a été accusé de passivité, voire d’avoir favorisé l’arrivée massive de candidats à l’immigration irrégulière vers Ceuta.
À force d’être répétée et relayée dans le débat politique et médiatique, cette thèse a largement dépassé les frontières espagnoles et alimenté les interrogations sur le rôle du Maroc dans cette crise.
Mais les déclarations de Pedro Sánchez changent sensiblement la donne. Le chef du gouvernement ne s’est pas contenté de défendre la coopération avec Rabat : il a explicitement affirmé que les services espagnols ne disposaient d’aucun élément permettant d’accuser les autorités marocaines.
Sánchez a par ailleurs pointé du doigt des campagnes de désinformation attribuées notamment à la Russie et à Israël, ainsi qu’à des réseaux d’extrême droite, estimant qu’elles avaient contribué à exploiter politiquement la crise migratoire. Moscou et Israël ont rejeté ces accusations.
Le Maroc au cœur de la bataille politique espagnole
Derrière Ceuta se joue également une bataille de politique intérieure espagnole. L’opposition cherche à fragiliser Pedro Sánchez en attaquant notamment sa politique marocaine et la relation privilégiée qu’il a construite avec Rabat.
Une relation qui dépasse largement la seule question migratoire. Sécurité, lutte contre le terrorisme, échanges commerciaux, investissements et coopération politique ont donné à l’axe Rabat-Madrid une dimension stratégique que les crises successives n’ont pas remise durablement en cause.
L’équation consistant à affaiblir le gouvernement socialiste en faisant de sa proximité avec Rabat l’un de ses talons d’Achille pourrait donc se révéler plus compliquée que prévu. D’autant que Sánchez devra désormais défendre cette position devant le Parlement espagnol, où ses adversaires ne manqueront certainement pas de lui demander des comptes sur sa gestion de la crise.
Le débat promet d’être vif. Mais sur un point au moins, Pedro Sánchez a déjà tracé sa ligne : Madrid ne dispose, selon lui, d’aucun élément permettant d’accuser Rabat et l’Espagne aura besoin du Maroc pour sortir durablement de la crise de Ceuta.
Par Jalil Nouri












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Bjr.
C’est bien dit Pedro Sanchez cherche une harmonie avec le Maroc pour ne pas semer la pagaille.j’espère que tout rentre dans l’ordre, jamais dire non aux dialogues.