Le rêve d’une vie meilleure en Europe aurait tourné au cauchemar pour plusieurs candidats à l’émigration à Tanger. Des promesses de contrats de travail à l’étranger, des sommes pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de dirhams et, au bout du compte, une enquête de la police judiciaire.
Les éléments du service préfectoral de la police judiciaire de Tanger ont procédé, mercredi, à l’interpellation de trois personnes, dont deux femmes et le directeur d’un établissement d’enseignement, soupçonnées d’être impliquées dans une affaire d’escroquerie visant des personnes désireuses d’émigrer en Europe.
Le mode opératoire présumé reposait sur une promesse particulièrement attractive : permettre aux candidats de rejoindre un pays européen grâce à des contrats de travail présentés comme authentiques.
Ces contrats se seraient toutefois révélés fictifs.
JUSQU’À 220.000 DIRHAMS RÉCLAMÉS
L’affaire prend une dimension plus importante au regard des montants qui auraient été versés par les victimes.
Les suspects auraient soutiré à plusieurs candidats à l’émigration des sommes comprises entre 50.000 et 220.000 dirhams.
Des montants considérables pour des personnes convaincues qu’elles payaient pour obtenir un contrat leur ouvrant légalement les portes du marché du travail européen.
L’espoir d’un départ avec un « contrat » aurait ainsi servi d’appât pour convaincre les victimes de remettre leur argent.
L’enquête devra désormais déterminer le nombre exact de personnes qui auraient été escroquées, le montant global des sommes en jeu ainsi que le rôle précis joué par chacun des suspects.
DES TRACES DE TRANSFERTS D’ARGENT ?
L’interpellation a également permis aux enquêteurs de mettre la main sur un élément susceptible de faire avancer les investigations.
Selon la même source, un appareil électronique a été retrouvé en possession de l’un des suspects. Les enquêteurs soupçonnent qu’il pourrait contenir des traces numériques relatives à des transferts d’argent provenant de l’activité présumée d’escroquerie.
Son exploitation pourrait donc permettre de retracer certains mouvements financiers et éventuellement d’identifier d’autres victimes ou protagonistes.
Dans ce type d’affaire, les données numériques peuvent en effet jouer un rôle déterminant pour reconstituer les échanges, les transactions et les éventuels contacts entre les différents intervenants.
LE DIRECTEUR D’UN ÉTABLISSEMENT PARMI LES SUSPECTS
La présence, parmi les personnes interpellées, du directeur d’un établissement d’enseignement donne évidemment un relief particulier à cette affaire.
À ce stade, aucun détail supplémentaire n’a toutefois été communiqué sur la nature de l’établissement qu’il dirige ni sur son rôle exact dans le mécanisme présumé d’escroquerie.
Les trois suspects ont été placés en garde à vue à la disposition de l’enquête judiciaire menée sous la supervision du parquet compétent.
Les investigations devront permettre de faire toute la lumière sur les circonstances et les ramifications de cette affaire, mais aussi de déterminer précisément les actes susceptibles d’être reprochés à chacun des mis en cause.
Une nouvelle affaire qui rappelle surtout combien le désir d’émigrer légalement vers l’Europe peut constituer un terrain privilégié pour les réseaux d’escroquerie, lorsque de faux intermédiaires font miroiter contrats de travail et départ garanti contre d’importantes sommes d’argent.












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