Les résultats provisoires des législatives du 23 septembre ont désigné un vainqueur, mais pas encore une majorité. Avec 97 sièges sur 395, le Parti authenticité et modernité arrive en tête. Le RNI suit avec 66 élus, talonné par l’Istiqlal (65). Le retour du PJD, crédité de 54 sièges, ajoute une inconnue à l’équation. Ces chiffres, annoncés par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, restent provisoires.
La solution la plus simple serait de reconduire l’alliance sortante. PAM, RNI et Istiqlal réunissent 228 députés, soit trente de plus que la majorité absolue de 198 sièges. Les trois partis connaissent déjà leurs partenaires et pourraient ouvrir rapidement les négociations. Mais une majorité facile à additionner n’est pas forcément la plus convaincante politiquement. Après cinq années de gouvernement commun, comment le PAM incarnerait-il le changement promis aux électeurs en conservant exactement les mêmes alliés ?
Une autre voie mérite donc d’être examinée : une coalition réunissant le PAM (97 sièges), l’Istiqlal (65), le Mouvement populaire (29) et l’USFP (26). Elle disposerait, sur la base des résultats provisoires, de 217 sièges et placerait le RNI dans l’opposition. Cette formule permettrait au futur chef du gouvernement de marquer une rupture dans la composition de l’exécutif, tout en conservant l’Istiqlal comme partenaire d’expérience. Elle donnerait aussi au RNI l’occasion de défendre son bilan depuis les bancs de l’opposition.
Cette hypothèse a toutefois un prix : quatre partis devraient s’accorder sur les portefeuilles, les priorités économiques et la réponse aux attentes sociales. L’entrée de l’USFP exigerait notamment davantage qu’un simple partage de sièges au gouvernement : elle supposerait des engagements lisibles sur l’emploi, les services publics et le pouvoir d’achat. Le PAM pourrait également tenter une alliance avec l’Istiqlal et le PJD, forte de 216 sièges, mais leur rapprochement demanderait des compromis politiques plus délicats.
Le résultat du scrutin ne dicte donc pas une coalition unique. L’article 47 de la Constitution prévoit que le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête ; la composition de sa majorité reste à négocier. Pour le PAM, le choix décisif sera celui du message adressé au pays : prolonger l’alliance sortante au nom de la stabilité, ou former une nouvelle équipe capable de montrer ce qui changera concrètement. Avec une participation annoncée à 38,08 %, cette démonstration comptera autant que l’arithmétique parlementaire.












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