La triste réalité du chômage, qui touche majoritairement les jeunes au Maroc, vient rattraper le gouvernement dès sa prise de fonction et lui rappeler que l’emploi demeure l’une de ses premières priorités. C’est sur ce terrain que sera jugée l’efficacité de son action ou que se traduira, dans le cas contraire, son échec.
Au troisième trimestre, les chiffres ont de nouveau grimpé, passant de 9,5 % à 10,5 % en un seul trimestre. Certes, il s’agit d’un point, mais, dans ce domaine, il serait imprudent de sous-estimer cette progression, même si elle peut paraître minime. Ces fluctuations à la hausse témoignent d’un marché de l’emploi instable. D’autant que, selon les chiffres du Haut-Commissariat au Plan, la tranche d’âge habituellement la plus vulnérable, celle des 15-24 ans, paie le prix de ces difficultés : 103 000 jeunes auraient perdu leur emploi, surtout dans le monde rural. Cette évolution intervient alors qu’il ne s’agit pas d’une année de sécheresse et que la rémunération minimale proposée dans l’agriculture aurait atteint, à la même période, 250 DH par jour.
Ces pertes d’emplois risquent d’accentuer les départs vers les villes et, pour certains jeunes, la tentation de l’émigration clandestine. Elles invitent à revoir les politiques de création d’emplois pour les adapter à de nouveaux paramètres socio-économiques, révélateurs de profondes mutations déjà en cours.
Les premiers indicateurs semblent montrer que les jeunes du monde rural s’éloignent de l’agriculture et de l’élevage pour se tourner vers l’industrie. Ce secteur aurait ainsi créé 80 000 emplois, tandis que le monde rural en aurait perdu 11 000.
La création d’emplois concerne également la construction immobilière, qui retrouve des couleurs. Les grands chantiers, en progression continue, attirent eux aussi les jeunes des campagnes, avec des rémunérations journalières comprises entre 250 et 300 DH et des conditions de travail perçues comme moins ingrates que celles des champs.












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