Le président du Paraguay, Santiago Peña, a annoncé jeudi sa démission, à la suite d’une crise financière et politique provoquée par l’effondrement d’Ueno Bank, qui a bloqué les comptes d’environ trois millions de clients, dans un contexte de manifestations populaires et d’appels au départ du gouvernement.
« J’ai pris la décision de démissionner de la présidence de la République, et je le fais en ayant à l’esprit la stabilité de notre pays, la paix sociale et la préservation de nos institutions démocratiques », a déclaré Peña dans une vidéo adressée à ses concitoyens.
Cette démission intervient après une montée des pressions politiques : il avait perdu le soutien de membres de son parti conservateur, le Parti colorado, alors que le Parlement engageait une procédure de destitution liée à la crise bancaire. La banque centrale était intervenue mardi pour fermer Ueno Bank, après que les contrôles ont révélé des déséquilibres financiers et un niveau de solvabilité tombé à moins de la moitié du minimum exigé par la loi, ce qui a entraîné la suspension de ses opérations et le gel des comptes de ses clients.
L’effondrement de cette banque numérique, qui gérait environ 850 millions de dollars de fonds publics, a déclenché une vague de manifestations dans la capitale Asunción, dans un climat d’inquiétude pour l’épargne des citoyens et les fonds de retraite. Peña a été accusé par des députés de conflit d’intérêts et d’avoir couvert des irrégularités liées à la banque, qui entretenait d’anciennes relations d’affaires avec le groupe propriétaire. Des médias précisent qu’il détenait jusqu’en mars 2025 une participation dans ce groupe. Le président sortant affirme que sa priorité est de garantir que les déposants récupèrent leur argent et de protéger les ressources publiques, et il conteste avoir commis des irrégularités.
Le vice-président, Pedro Alliana, doit assumer la présidence pour achever le mandat, qui court jusqu’en août 2028, conformément aux procédures constitutionnelles.












Contactez Nous