Le Maroc perd l’un de ses derniers géants. Abdelouahab Doukkali, surnommé le Sultan de la chanson marocaine, s’est éteint ce vendredi 8 mai 2026 à Casablanca, à l’âge de 84 ans, laissant derrière lui plus de six décennies de création et un répertoire devenu patrimoine national.
Avec sa disparition, quelques mois seulement après celle d’Abdelhadi Belkhayat, c’est une page immense de la chanson marocaine qui se tourne. Belkhayat était la voix profonde, spirituelle, presque mystique. Doukkali, lui, était l’artiste total : chanteur, compositeur, comédien, peintre, homme de scène et d’élégance. Deux monuments différents, mais complémentaires, qui ont porté la musique marocaine vers les sommets.
Né à Fès, Doukkali avait très tôt compris que son destin serait artistique. À Casablanca, puis en Égypte, il a imposé une signature musicale singulière, entre modernité, émotion et enracinement marocain. Ses chansons, de « Marsoul El Hob » à « Kan Ya Ma Kan », en passant par « Ma Ana Illa Bachar », ont traversé les générations sans perdre leur éclat.
Abdelouahab Doukkali n’était pas seulement une voix. Il était un style, une audace, une présence. Sa liberté vestimentaire, son allure, sa manière d’habiter la scène ont fait de lui une icône populaire, admirée autant pour son talent que pour sa personnalité.
Aujourd’hui, après Belkhayat et Doukkali, le Maroc pleure une génération qui a donné une âme à sa chanson. Mais les grands artistes ne meurent jamais tout à fait. Ils quittent la scène, certes, mais leur voix reste dans les maisons, les radios, les souvenirs et les cœurs.



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