Le procès de Stéphane Jonathan Harroch a franchi une étape importante, mardi 3 novembre, devant la cour d’appel de Casablanca. Le ministère public a demandé la condamnation du propriétaire du réseau de salles de sport City Club, réclamant l’application des peines les plus sévères pour les faits qui lui sont reprochés, notamment la traite des êtres humains. Ces réquisitions constituent la position de l’accusation ; la décision appartient à la juridiction.
Au cours de son intervention, le représentant du parquet a développé une accusation centrée sur l’exploitation présumée de salariés et de jeunes femmes en situation de précarité. Selon sa lecture du dossier, la dépendance financière et l’autorité professionnelle auraient servi à imposer des exigences sexuelles, accompagnées, dans certains cas, de pressions et d’humiliations. Des accusations de violences visant également des employés masculins ont été évoquées à l’audience.
Pour étayer ses réquisitions, le ministère public s’est notamment appuyé sur les déclarations d’un salarié ayant relaté des violences et une séquestration présumées. Le magistrat a affirmé que des images de vidéosurveillance et des témoignages confortaient ce récit. Il a également dénoncé les insultes qui auraient accompagné ces agissements dans le cadre professionnel. La portée de ces éléments reste soumise à l’appréciation des juges.
Plusieurs situations de femmes ont également été examinées. Le parquet a décrit des promesses de rémunération, de promotion ou de logement qui auraient été conditionnées à des faveurs sexuelles ou à la participation à des soirées privées. Il a aussi évoqué le cas d’une employée recrutée sans contrat, confrontée à des impayés de salaire, ainsi que les circonstances d’une intervention policière dans un hôtel. Pour l’accusation, ces différents épisodes traduiraient une instrumentalisation de la vulnérabilité sociale.
Jonathan Harroch est notamment poursuivi pour traite des êtres humains, harcèlement sexuel, faits liés à la prostitution, détention et usage illicite de stupéfiants et attentat à la pudeur avec violences. À ce stade, il demeure présumé innocent. Les comptes rendus consultés ne détaillent pas les arguments de la défense présentés lors de cette audience.
L’enjeu judiciaire est désormais l’examen des faits imputés au dirigeant, de leur qualification et des responsabilités susceptibles d’être retenues. La sévérité des réquisitions ne préjuge pas du jugement : c’est à la cour de statuer au terme du débat contradictoire.



Contactez Nous