Le procès de l’affaire dite des « courtiers des tribunaux », qui secoue depuis plusieurs mois la région d’El Jadida, a connu un nouveau développement devant la Chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Casablanca. Les auditions des différents accusés ont mis en lumière des versions souvent contradictoires concernant de présumées interventions dans des dossiers judiciaires en échange d’importantes sommes d’argent.
Lors de l’audience de ce mardi, plusieurs prévenus ont été entendus par la juridiction présidée par le conseiller Ali Tarchi. Au centre du dossier figure un principal accusé, soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire dans diverses affaires judiciaires, notamment liées au trafic de drogue et à des demandes de réduction de peines.
L’un des accusés a reconnu avoir orienté certains citoyens vers le principal mis en cause afin qu’il intervienne dans leurs affaires portées devant les tribunaux. Tout en admettant l’existence de ces démarches, il a toutefois nié toute implication dans une activité de courtage ou de trafic d’influence, affirmant n’avoir jamais perçu la moindre rémunération pour ces mises en relation.
D’autres témoignages ont davantage retenu l’attention de la Cour. Un prévenu poursuivi pour corruption a notamment déclaré que son frère, condamné dans une affaire de stupéfiants, lui avait demandé de remettre une somme de 120.000 dirhams au principal accusé afin d’obtenir une réduction de peine. De son côté, un autre accusé a catégoriquement nié avoir versé les 300.000 dirhams qui lui sont attribués dans le dossier.
Parmi les éléments marquants de l’audience figure également l’aveu d’un accusé qui a reconnu avoir remis de l’argent à un collaborateur d’avocat dans l’espoir de bénéficier d’un allègement de sa condamnation dans une affaire de drogue.
Les fonctionnaires de justice poursuivis dans cette affaire continuent, quant à eux, de rejeter en bloc les accusations portées contre eux. L’un des greffiers mis en cause a estimé que les déclarations du principal accusé relevaient davantage de la vengeance personnelle que de faits réels, affirmant avoir mis fin à certaines facilités dont bénéficiait ce dernier au sein du tribunal.
Tout au long des audiences, la plupart des prévenus ont contesté les procès-verbaux dressés par la police judiciaire, niant toute relation privilégiée avec des magistrats, des procureurs ou des responsables administratifs susceptibles d’influencer le cours de la justice.
Cette affaire, qui implique plusieurs personnes issues de différents horizons, continue de susciter un vif intérêt en raison de la gravité des accusations. Au-delà des responsabilités individuelles qui restent à établir, le dossier relance le débat sur la lutte contre la corruption et les réseaux d’influence qui tenteraient de s’immiscer dans le fonctionnement de l’institution judiciaire.
Les prochaines audiences devraient permettre à la Cour d’approfondir l’examen des éléments du dossier et de confronter davantage les différentes versions afin de faire toute la lumière sur cette affaire sensible qui continue de défrayer la chronique judiciaire.












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