Les superficies plantées en agrumes au Maroc ont reculé d’environ 34 000 hectares au cours de la dernière décennie, dont 10 000 hectares rien que sur les trois dernières années. Au niveau national, elles sont passées de 129 000 hectares à environ 95 000 hectares aujourd’hui.
Selon des données obtenues par Hespress auprès de la Fédération interprofessionnelle marocaine des agrumes, Maroc Citrus, les régions de Tadla et de l’Oriental ont été les plus touchées par la sécheresse ces dernières années, car elles dépendent surtout de l’eau des barrages. Leurs surfaces ont diminué de 25% à 30%, devant celles du Souss et du Haouz, tandis que le Gharb a résisté grâce à l’abondance d’eau.
Cette situation a pesé sur la production nationale, tombée sous les 2 millions de tonnes par an, contre une moyenne de 2,5 millions de tonnes et des pics de plus de 2,6 millions de tonnes lors des campagnes 2018-2019 et 2021-2022. Les exportations se sont stabilisées à 550 000 tonnes par an, contre 600 000 tonnes avant 2020. Leur valeur a pourtant nettement progressé, passant de 3,8 milliards de dirhams à plus de 5 milliards en 2025, soit une hausse de 32,6%.
Le président de la Fédération, Kacem Bennani Smires, indique que la chaîne de valorisation et de transformation a elle aussi été fortement touchée par la baisse de la production. Elle peine déjà à rentabiliser ses investissements en raison de la courte durée de l’activité saisonnière, ce qui explique la fermeture d’environ 20 stations de conditionnement et l’approvisionnement irrégulier des usines de jus. Le secteur reste la principale source de revenus d’environ 13 000 familles de producteurs et rapporte au pays de 4 à 5 milliards de dirhams de devises par an. Sa part dans la valeur totale des exportations de fruits et légumes frais est passée, en dix ans, de 17% à 8%, du fait de la réduction des surfaces et de l’essor d’autres produits, notamment l’avocat et les fruits rouges, dont la valeur commerciale est bien supérieure.
Les conditions climatiques favorables de la dernière saison, qui ont amélioré le niveau des barrages, redonnent de l’espoir aux professionnels. Ils comptent utiliser cette amélioration des ressources en eau pour consolider le verger existant, qui a survécu à la sécheresse, plutôt que pour étendre les surfaces. Ils voient aussi dans les grands projets d’irrigation de l’Etat, comme la construction de nouveaux barrages, la surélévation de barrages existants et les stations de dessalement, une source de capacités d’irrigation supplémentaires, avec de meilleures perspectives d’extension dans certaines régions. Toute nouvelle plantation devra toutefois, selon la Fédération, tenir compte de la durabilité des ressources en eau et de la concurrence féroce subie par le produit marocain à l’export, notamment de l’Egypte et de la Turquie, qui bénéficient de plusieurs avantages.
Le secteur de la valorisation des agrumes au Maroc compte 50 stations de conditionnement et 6 unités de production de jus, qui dépendent des matières premières de cette filière agricole.












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