Difficile de voir la prestation pleine d’émotion de Aziz Akhannouch être broyée par l’actualité. Elle restera un grand moment politique et un instant de questionnement sur la portée du bilan de son gouvernement, présidé pendant 5 ans, sur la vie des Marocains. Tous n’auront retenu qu’une période d’augmentations qui persistent.
Il faut bien reconnaître qu’il a lui-même voulu répéter qu’il n’en était pour rien, et il faudra bien le croire sur parole, sauf pour les carburants, dont il gardera une part de responsabilité de par son statut de propriétaire du plus grand groupe de ce secteur. Rendant plusieurs fois hommage à la clairvoyance du Roi Mohammed VI pour avoir inspiré et guidé l’action de son équipe, il dira qu’il ne le remerciera jamais assez et que, sans lui, tous les progrès réalisés n’auraient jamais pu voir le jour.
Pour tout le reste : croissance, investissements, redressement de l’économie, bonne tenue des finances publiques, essor du pays avec les grands chantiers, réformes et avancées sociales, éducation, santé, tourisme… , il serait injuste de ne pas lui décerner un sans-faute et de convenir que le travail a été à la hauteur des attentes.
Il aura fallu beaucoup d’efforts au président de la séance pour obtenir d’Akhannouch qu’il conclue sa prise de parole, celui-ci demandant toutes les deux minutes un peu plus de temps.
Mais sur la grande faiblesse de son gouvernement, les ratages de sa communication, Akhannouch n’en pipera pas mot, alors que celle-ci restera le gros point noir de sa politique, qu’il n’a pas su bien vendre ni expliquer avec pédagogie aux Marocains.
Persuadé d’avoir réussi à gouverner les affaires du Maroc pendant cinq longues années dans une conjoncture ingrate et difficile, il partira dans quelques semaines avec le sentiment auquel il tient le plus : celui du devoir accompli, et bien au-delà.
Par Jalil Nouri












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