Les ministres encore en poste pour quelques semaines pensent déjà à leur avenir. Rempiler dans le prochain gouvernement, pour ceux qui restent proches des centres de décision, ou se résigner à rejoindre le secteur privé : tel est désormais le dilemme qui se pose à nombre d’entre eux.
Dans les deux cas, il n’est pas toujours aisé de se projeter dans une nouvelle expérience qui risque de ne pas être de tout repos. Même les plus optimistes, susceptibles d’être reconduits, pourraient hériter de responsabilités différentes. Quant aux plus pessimistes, ils se voient contraints d’envisager des reconversions parfois perçues comme de véritables aventures.
Bien qu’ils continuent de bénéficier du titre et des avantages liés à leur ancienne fonction pour ceux qui n’ont aucune chance de retrouver un portefeuille ministériel, beaucoup ne se voient pas rester inactifs à domicile en se contentant de leur rente ministérielle pour le reste de leur vie. Nombre d’entre eux mobilisent ainsi les réseaux développés durant leur mandat ainsi que leurs carnets d’adresses afin de préparer leur chute… ou plutôt leur rebond, dans des secteurs à la hauteur de leurs ambitions.
D’autres, plus proches de leurs directions partisanes, tenteront de demeurer au cœur de l’activité politique dans l’espoir d’obtenir, à terme, une nomination diplomatique, souvent jugée plus attractive financièrement et plus valorisante que certaines opportunités dans le privé.
D’autres encore resteront actifs dans leurs formations politiques afin de briguer plus tard de hautes fonctions dans l’administration ou les établissements publics, quitte à prendre ensuite leurs distances avec la politique.
Cette mobilité opportuniste interroge parfois sur la notion de fidélité partisane. Phénomène observé dans de nombreux pays, elle mérite une réflexion plus large sur le rapport au pouvoir, aux privilèges et aux ambitions personnelles.
Par Jalil Nouri












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