L’Arabie saoudite vit des heures particulièrement tendues après la nouvelle offensive revendiquée par les Houthis du Yémen contre son territoire. Deux jours après l’attaque ayant visé des installations de stockage de carburant à proximité de l’aéroport international Roi-Khaled de Riyad, le Royaume tente de sécuriser ses infrastructures stratégiques tout en évitant une confrontation régionale incontrôlable.
Les rebelles yéménites, soutenus par l’Iran, affirment avoir employé des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones. Les autorités saoudiennes ont annoncé l’interception d’un projectile dirigé vers la capitale, tandis que d’autres attaques auraient visé ou menacé Taïf, Yanbu, Baish et les îles Farasan. L’incendie provoqué près de l’aéroport de Riyad, accompagné d’une épaisse fumée noire, a surtout démontré que le cœur du Royaume restait accessible aux armes houthies.
Dans les dernières heures, l’attention s’est portée sur l’oléoduc Est-Ouest reliant les régions pétrolières du Golfe au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Fermée depuis le 13 septembre à la suite d’attaques de drones, cette artère énergétique vient d’être remise partiellement en service. Son débit demeure toutefois limité, loin de sa capacité maximale estimée à quatre millions de barils par jour. Cette reprise a suffi à faire reculer les cours du pétrole, preuve de l’extrême nervosité des marchés.
La menace ne vient pas uniquement du ciel. Au Yémen, les Houthis ont réalisé leurs plus importantes avancées territoriales depuis plusieurs années, notamment autour de Mokha et de zones dominant la mer Rouge. Leur progression menace directement Bab Al-Mandab, passage essentiel pour le commerce mondial et les exportations énergétiques. Les combats auraient fait jusqu’à 169 morts en trois jours et provoqué de nouveaux déplacements massifs de populations.
Riyad cherche désormais le soutien de ses partenaires. Le Royaume-Uni a annoncé l’envoi temporaire d’un avion ravitailleur destiné à appuyer les appareils saoudiens, alors que Washington hésite à intervenir directement contre les Houthis. Cette prudence américaine irrite Mohammed ben Salmane et installe un doute sur la solidité de l’alliance historique entre les deux pays.
L’Arabie saoudite n’est pas encore entrée dans une guerre totale, mais elle en côtoie dangereusement le seuil. Entre missiles houthis, routes pétrolières menacées et soutien américain incertain, le Royaume avance désormais sur une ligne de crête où la moindre attaque pourrait embraser davantage le Golfe.



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