Sans crier gare et prématurément, le leader du PJD, Abdelilah Benkirane, a été le premier à décréter unilatéralement la non-participation de sa formation au nouveau gouvernement que le PAM, parti vainqueur, compte former sur la base d’une alliance de plusieurs partis, sans en exclure aucun malgré toutes les fâcheries.
Après avoir traîné dans la boue le nom du parti du tracteur durant la campagne électorale, le leader des islamistes a poursuivi sur sa lancée en prenant sa formation de court. Après l’appel à l’union du PAM, il a annoncé que le PJD ne serait pas de ce jeu.
Droit dans ses bottes et prévoyant de mener sa formation dans l’opposition à tout prix, Benkirane ne croyait pas que sa logique allait mener le PJD à des divisions, voire à une scission. Une bonne partie des cadres du parti se sont levés comme un seul homme pour rappeler que c’est au Conseil national de statuer sur une éventuelle alliance avec le PAM ou de rejeter son offre. Un refus les priverait de postes ministériels importants dans le cadre d’un programme commun au sein de la future alliance.
À l’écriture de ces lignes, ce samedi matin 26 septembre, le parlement du PJD était toujours en réunion et n’était pas encore passé au vote sur la position officielle du parti, plongé dans un climat de révolte. Celle-ci serait guidée par l’influent Abdellah Bouanou, le député virulent de Meknès, qui se verrait bien porter un costume de ministre après de longues années de bataille au Parlement. Benkirane n’en avait pas tenu compte lorsqu’il avait été appelé à former un gouvernement, ce qui avait dégradé leurs relations.
Mais Benkirane garde toutes les cartes en main pour refuser la cohabitation proposée par un PAM qui, dans cette hypothèse, sera obligé de recoller les morceaux avec le RNI, après avoir annoncé qu’il n’y avait pas de lignes rouges dans le choix des partenaires du prochain gouvernement.












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Lorsque les électeurs marocains ont voté pour le PJD et lui ont de ce fait attribué la 4ème place c’est sans doute pour que ce dernier gère la chose publique sur la base de son programme électoral. Le fait de ne pas avoir la 1ère place, ne signifie nullement pas de se renvoyer automatiquement à l’opposition parlementaire. La décision doit être prise dans le calme et avec la sagesse qu’il faut, tenant compte de la volonté des électeurs et sans emportement émotionnel de la part de certains dirigeants du parti, même si leurs déclarations (avant- pendant et après les élections) ont dépassé les limites de la politesse et la bienséance. Il serait peut être judicieux de prendre part à prise de décision au sein du gouvernement, pour au moins « bloquer » celles impopulaires et/ ou pouvant présenter un conflit d’intérêts, à mon amble avis, vaut mieux quitter le gouvernement à mi-chemin que de ne pas avoir le courage et tenter de le contrecarrer de l’intérieur.
C’est bien cette lucidité qui semble aujourd’hui faire lamentablement défaut au Secrétaire Général du PJD. C’est à la fois bien dommage et vraiment très bizarre pour un homme bien connu pour sa finesse politique.
Je pense qu’il est allé trop vite en besogne en écartant toute cohabitation avec le PAM (après tout, ce ne sont pas des diables !).
Je suis d’avis qu’une cohabitation avec le PAM serait une occasion inouïe pour son parti de peser sur le cours de la chose publique beaucoup plus de l’intérieur du Gouvernement qu’en étant dehors. La dynamique de groupe qui en résultera forcément serait d’un apport bénéfique considérable sur beaucoup de plans aussi bien pour lui en tant que parti que pour ses propres électeurs et le pays tout entier…
J’espère qu’il comprendra cela avant qu’il ne soit trop tard !
À mon sens, s’il persiste dans sa déclaration, il commettrait une erreur semblable à celle qu’il a déjà commise en 2016 n’ayant pas su gérer habilement le blocage politique dont il dit en avoir été l’objet. On connait tous la suite !