Le paysage bancaire marocain s’apprête à connaître un tournant majeur. Le groupe BNP Paribas a officialisé la cession de sa participation majoritaire dans la BMCI au profit de Holmarcom, à travers sa filiale financière. Une opération structurante qui marque un repositionnement stratégique du géant français dans le Royaume.
Dans le détail, Holmarcom Finance Company s’apprête à acquérir les 67 % détenus par BNP Paribas dans la BMCI, sous réserve des validations réglementaires attendues d’ici fin 2026. Si l’opération s’accompagne d’un partenariat commercial entre les deux groupes, elle n’en demeure pas moins révélatrice d’une évolution plus profonde : celle d’un désengagement progressif des grandes banques françaises du marché marocain.
Après le retrait de la Société Générale ces dernières années, BNP Paribas devient ainsi le deuxième acteur financier français d’envergure à réduire fortement son empreinte bancaire directe dans le pays. Un mouvement qui ne signifie pas un abandon total, puisque le groupe entend maintenir certaines activités spécialisées, mais qui traduit un recentrage stratégique à l’échelle internationale.
Pour le Maroc, cette transition ouvre un nouveau chapitre. L’arrivée d’un acteur local de premier plan comme Holmarcom pourrait favoriser l’émergence d’un groupe financier intégré, notamment à travers un possible rapprochement avec Crédit du Maroc. Une telle consolidation renforcerait les capacités de financement de l’économie nationale, en particulier pour les grands projets structurants.
Au-delà du symbole, cette opération confirme une tendance de fond : la montée en puissance des groupes marocains dans des secteurs historiquement dominés par des capitaux étrangers. Le centre de gravité du secteur bancaire semble ainsi se redessiner, avec une appropriation progressive des leviers financiers par des acteurs nationaux.












Contactez Nous