Le comité marocain de pilotage chargé de l’organisation, avec la FIFA, de la Coupe du monde 2030 a, dès à présent, tout intérêt à s’appuyer sur l’expérience de l’édition 2026, qui s’est achevée hier soir, afin d’en tirer tous les enseignements nécessaires pour valoriser le rôle du Royaume et réussir ce rendez-vous historique.
Parmi les principaux reproches adressés au Mondial 2026 figurent le prix exorbitant des billets, le coût élevé des transports, les distances considérables entre les villes hôtes ainsi que les dépenses excessives imposées aux supporters. Le contexte sera bien différent en 2030. Avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc devrait offrir la Coupe du monde la plus accessible de l’histoire récente, tant sur le plan des déplacements que des coûts, tout en promettant un spectacle sportif de très haut niveau.
Fort de l’excellente image laissée par les Lions de l’Atlas ces dernières années, le Royaume abordera ce rendez-vous avec un capital sympathie considérable. Il bénéficie aujourd’hui d’une réputation de grande nation de football, mais aussi d’un héritage civilisationnel, d’une histoire millénaire, d’un potentiel touristique exceptionnel et d’une hospitalité largement reconnue.
Avec ces atouts et les réalisations qui font désormais du Maroc un véritable dragon africain, le Royaume doit éviter le piège de l’imitation. Il ne s’agit ni de reproduire ce qui a été réussi, ni de répéter les erreurs des précédentes Coupes du monde, mais de mettre en avant ce qui fait son authenticité dans la modernité. Les cérémonies d’ouverture et de clôture ne doivent pas céder au bling-bling et aux démonstrations de richesse à coups de milliards, dont il ne reste souvent que des souvenirs éphémères. L’imagination, en revanche, devra être au rendez-vous grâce à des concours d’idées, à la créativité des talents marocains et à une identité culturelle forte pour l’animation des stades, des fan zones et de l’ensemble des festivités. En 2030, le Maroc sera jugé sur sa capacité à émerveiller le monde ou, au contraire, sur son incapacité à marquer durablement les esprits.
Pour tout le reste, de la sécurité à l’organisation des rencontres, en passant par la mobilité, les infrastructures et les services aux visiteurs, la contribution du Royaume à cette coorganisation devra s’appuyer, sans copinage ni favoritisme, sur les compétences marocaines les plus qualifiées, y compris celles établies à l’étranger. C’est à cette condition que le Maroc offrira au monde, en 2030, son plus beau visage et laissera une empreinte durable dans l’histoire de la Coupe du monde.
Par Jalil Nouri



Contactez Nous