Que s’est-il passé dans la tête du chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez au moment où il s’exprimait devant le Parlement sur le dossier de Ceuta et les relations avec le Maroc, en se contredisant d’une phrase à une autre pour semer le trouble ?
Après avoir clamé l’absence de toute responsabilité des forces de sécurité marocaines dans la préparation et l’organisation de l’assaut massif par des foules contre la frontière espagnole de l’enclave de Ceuta et, dans une moindre mesure, celle de Melilla, le leader socialiste s’est subitement rétracté en voulant calmer les bancs de l’opposition de droite et d’extrême droite, pour revenir à la charge en reprochant au Maroc d’avoir fermé les yeux devant l’arrivée de dizaines de milliers de candidats à l’immigration clandestine.
Sa deuxième contradiction réside dans le fait que, quand il se confond en explications, sous la pression de ses adversaires, il explique ne pas avoir pu convoquer l’ambassadrice du Maroc, comme c’est courant en cas de crise, car la diplomate n’était pas à Madrid. En pareil cas, toujours, il aurait pu contacter son homologue Akhannouch et faire établir, par son chef de la diplomatie, le contact avec son vis-à-vis, le ministre marocain des Affaires étrangères Bourita, pour s’assurer de la position des autorités marocaines au plus fort de l’avancée des foules vers Ceuta.
Ce manque de coordination, principal sujet de controverse entre les deux pays actuellement, restera imputable à la seule partie espagnole, qui n’a pas su gérer efficacement cette crise et pour laquelle il est improductif de vouloir l’imputer au Maroc, en oubliant ou feignant de l’oublier qu’il est le premier rempart dans la protection de ses frontières contre l’immigration illégale dans toute l’Europe, les bilans loués par Madrid et Bruxelles faisant foi.
Mais Pedro Sanchez, jadis allié de choix du Maroc jusqu’à cette crise de Ceuta, a préféré faire plaisir à son opposition en accusant le Maroc de laxisme et sacrifier l’entente entre les deux pays, pour sauver son avenir politique.
Par Jalil Nouri












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