Le Maroc est-il confronté à un risque de revirement britannique sur la question du Sahara après le départ de l’ancien Premier ministre Keir Starmer, qui avait œuvré sans relâche au réchauffement des relations avec Rabat durant son mandat, auquel il a été mis fin ces derniers jours à la suite de mauvais résultats électoraux, et non en raison de son bilan gouvernemental ?
Cette question est d’autant plus importante que les relations entre le Maroc et le Royaume-Uni revêtent un caractère hautement stratégique, tant en raison du statut de la Grande-Bretagne sur la scène internationale que de son influence au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, notamment lors des délibérations et des votes relatifs au dossier du Sahara, à un moment jugé crucial et décisif.
Après plusieurs années de refroidissement diplomatique, les échanges entre les deux gouvernements ont progressivement retrouvé un climat de confiance. Cette relance a été couronnée par la reconnaissance officielle, à Londres, de la position marocaine sur le Sahara, accompagnée d’un soutien diplomatique affirmé, de promesses d’investissements conséquents dans les provinces du Sud et de la réactivation d’une coopération multisectorielle fondée sur un partenariat gagnant-gagnant.
En quittant Downing Street, Keir Starmer laisse à son successeur un dossier devenu prioritaire. Au cours des derniers mois, plusieurs ministres britanniques se sont rendus au Maroc afin de consolider ce rapprochement, multipliant les annonces en faveur d’un nouveau partenariat stratégique appelé à se renforcer dans les années à venir.
La question demeure toutefois de savoir si le nouveau Premier ministre travailliste, Andy Burnham, un nom qu’il faudra désormais retenir, poursuivra cette même orientation ou s’il pourrait être tenté de céder aux sirènes d’Alger, au gré d’éventuelles opportunités économiques. Une hypothèse qui paraît peu probable au regard des intérêts stratégiques du Royaume-Uni dans la région et du rôle qu’il entend jouer dans la recherche d’une solution politique durable au conflit du Sahara, fondée sur le plan d’autonomie présenté par le Maroc.
En définitive, la continuité de la politique britannique sur ce dossier apparaît aujourd’hui comme l’option la plus crédible. Les partenariats économiques engagés, la convergence des intérêts géopolitiques et le soutien exprimé ces derniers mois en faveur de l’initiative marocaine rendent un revirement difficilement envisageable, même si, en diplomatie, aucune évolution ne peut jamais être totalement exclue.
Par Jalil Nouri












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