Le Maroc vend davantage à l’étranger, mais ses achats progressent beaucoup plus vite. Résultat : le déficit commercial a atteint 352,3 milliards de dirhams en 2025, contre 304,9 milliards un an auparavant, soit une aggravation de 15,5 %. Ces chiffres concernent l’année écoulée et figurent dans le rapport annuel de l’Office des changes publié le 15 octobre 2026.
Le déséquilibre s’explique simplement : les importations ont augmenté de 8 %, à 822,3 milliards de dirhams, tandis que les exportations n’ont progressé que de 3 %, pour atteindre 470 milliards. Pour 100 dirhams de marchandises achetées à l’étranger, les ventes marocaines n’en couvrent ainsi qu’environ 57.
Que le Royaume importe-t-il davantage ? Les biens de consommation, notamment les voitures particulières, contribuent à la hausse. Les achats de biens d’équipement progressent également, tout comme ceux de matières premières et de produits alimentaires. À l’inverse, la facture énergétique a diminué de 5,5 %, à 107,5 milliards de dirhams : le pétrole et le gaz ne suffisent donc pas à expliquer l’aggravation du déficit.
Toutes ces importations n’ont cependant pas la même signification économique. Une machine destinée à une usine peut accroître la production et préparer de futures exportations. Un équipement acheté aujourd’hui peut donc constituer un investissement utile demain. La difficulté apparaît lorsque les capacités nationales progressent moins rapidement que les besoins satisfaits à l’étranger.
Sur le plan économique, un déficit des échanges de marchandises accroît les besoins de financement extérieur. Il ne représente toutefois ni une perte équivalente pour le budget de l’État ni, à lui seul, le bilan complet des relations économiques du pays avec l’étranger. Les recettes des services, notamment touristiques, les transferts des Marocains du monde et les flux d’investissement interviennent aussi dans cet équilibre.
L’enjeu consiste dès lors à développer une production locale compétitive, à renforcer les fournisseurs marocains des grandes industries et à aider davantage de petites entreprises à exporter. Réduire les délais administratifs, améliorer la logistique et faciliter le financement peuvent soutenir cet effort.
Pour le nouveau gouvernement, le message est clair : attirer les investissements doit aussi permettre de fabriquer davantage sur place et de conserver une part croissante de la valeur créée. C’est ainsi que le Maroc pourra réduire durablement sa dépendance, tout en préservant son ouverture commerciale.












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