Le commerce électronique s’impose de plus en plus comme un terrain de régulation prioritaire au Maroc, à mesure que le secteur informel investit massivement l’espace numérique. C’est dans ce contexte que le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a pris la parole lundi 4 mai 2026 lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, pour dresser un état des lieux de la stratégie gouvernementale d’intégration des vendeurs ambulants et de régulation du commerce en ligne.
Le ministre a indiqué que l’intégration du secteur informel repose sur plusieurs axes complémentaires, dont l’aménagement d’espaces commerciaux adaptés. Plus de 1 000 espaces ont été créés à ce jour par les collectivités territoriales avec le soutien de l’État. En parallèle, 300 plateformes électroniques ont été mises en place comme alternative numérique, permettant à un nombre significatif de vendeurs ambulants de quitter les trottoirs pour exercer leur activité sur internet.
Mezzour a toutefois reconnu que cette transition vers le numérique a engendré de nouvelles problématiques nécessitant un encadrement juridique et réglementaire actualisé, à travers des décrets, des lois et des mesures adaptées aux spécificités du commerce digital. Il a également admis que les résultats des marchés modèles restent inégaux, leur succès dépendant largement du degré d’implication des collectivités territoriales et des autorités locales.
Du côté parlementaire, le Groupe du Mouvement Populaire a relevé que les vendeurs ambulants demeurent dans une situation précaire, avec une intégration limitée dans le secteur organisé et un accès insuffisant aux droits sociaux. Ses représentants ont souligné que les mesures prises n’ont pas encore permis d’apporter une solution structurelle durable, appelant à une évaluation sérieuse de l’expérience des marchés modèles dont certains n’ont pas atteint leurs objectifs. La fracture numérique au sein même de cette catégorie de travailleurs a également été pointée, une partie d’entre eux n’étant toujours pas en mesure d’accéder au commerce en ligne.
La question de la protection du consommateur a aussi occupé une place centrale dans les débats, les achats en ligne étant parfois exposés à des risques de fraude et de tromperie, tandis que les acteurs du secteur font face à une hausse notable des taux de retour des produits commandés sur internet.












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