Plus la date des élections approche, plus le paysage politique semble s’embrouiller dans l’esprit des électeurs, qui ne voient parfois plus les partis que sous l’angle des marchandages, des règlements de comptes et des conflits.
Celui qui oppose actuellement le RNI au PAM, depuis le lancement des candidatures, n’est que la partie visible d’un phénomène de transhumance politique qui revient polluer le scrutin. Le premier accuse notamment son rival d’avoir attiré certaines de ses valeurs sûres, séduites par les perspectives offertes sous de nouvelles couleurs. Les mouvements d’élus ont d’ailleurs concerné plusieurs formations et différentes régions au cours des mois précédant les législatives.
C’est dans ce contexte qu’Aziz Akhannouch, qui a officiellement quitté la présidence du RNI en début d’année, est remonté au créneau. L’ancien patron du parti menace désormais de contester certaines candidatures et, après le scrutin, l’élection de parlementaires ayant changé de formation dans des conditions que son camp estime contraires aux règles en vigueur.
Le PAM se retrouve particulièrement visé dans cette bataille devenue autant juridique que politique. Le RNI envisagerait ainsi des recours devant la Cour constitutionnelle contre certains élus transfuges s’ils venaient à décrocher un siège le 23 septembre.
Mais cette offensive n’est pas sans paradoxe. La circulation des élus d’une formation à une autre ne date pas de cette campagne et n’a jamais profité à un seul camp. Le RNI a lui-même récupéré cet été plusieurs parlementaires démissionnaires qui avaient été courtisés par le PAM.
À quelques jours du vote, la bataille des candidatures risque donc de se prolonger bien au-delà des urnes et de se déplacer vers les tribunaux.
Reste surtout une question pour l’électeur : à force de parler de transfuges, de recours et de sièges à préserver, les partis ne finissent-ils pas par reléguer au second plan ce qui devrait constituer l’essentiel d’une campagne électorale : leurs programmes et les préoccupations quotidiennes des Marocains ?












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Le phénomène de transhumance politique n’est pas intrinsèquement un acte malsain. C’est la façon dont il en est souvent usé par les protagonistes en jeu qui le rend condamnable.
En droit, surtout en matière civile est commerciale, il y a une notion qu’on appelle « obligation de non concurrence » bien connue et qui a été introduite par le législateur pour protéger les intérêts légitimes de toute entreprise en cas de départs inopinés de profils, surtout les plus hautement qualifiés, de son organisation.
Je n’ai pas eu le temps de consulter la législation régissant le cadre légal des formations politiques au Maroc (je crois au passage qu’elle doit, très probablement, laisser à désirer ne serait-ce que pour la question des mandats qui ont tendance à devenir sans limitation dans le temps rendant certains secrétaires généraux impossible à déboulonner de leur siège comme s’ils étaient les seuls astres en mesure d’illuminer les voies au bon développement aussi bien de leur parti respectif que de de notre pays … !), mais je pense qu’on devrait s’inspirer de cette notion, si ce n’est pas déjà le cas, pour s’en sourcer de son esprit sur ce point particulier.
En effet, Comment peut-on admettre qu’une personne, faisant souvent partie du conseil exécutif d’un parti, puisse le quitter du jour au lendemain pour rejoindre un parti concurrent sans que cela ne soit dommageable à son parti d’origine (Protection d’informations secrètes, protection de l’audience, sécurité stratégique, etc.).
Un parti n’est pas un fonds de commerce, c’est avant tout des valeurs, on n’en change pas au grès de ses propres ambitions personnelles… ! C’est vraiment la pire des ingratitudes !
Pire encore, le faire à quelques semaines d’une élection fondamentale, tant pour le parti que pour le pays, au lieu de rester à sa place pour rendre des comptes et avoir le courage de justifier son parcours, c’est tout simplement une véritable dérive.
J’aurais bien admis et même soutenu un transfuse qui aurait jeté l’éponge au moins un an à l’avance de la date des élections pour prendre la clé des champs (se dessaisir du confort procuré par son fauteuil aumône du parti à son égard) afin de prendre le recul nécessaire à la construction d’une nouvelle virginité politique pouvant motiver plus tard son adhésion partisane à tel ou tel autre parti.
Je pense que Monsieur le Président Aziz Akhannouch a tout à fait le droit voire le devoir moral et politique (surtout en raison de sa stature nationale) pour agir légitiment à l’encontre de ce genre de manœuvres qui sapent en profondeur la crédibilité de notre système démocratique, déjà très mal en point à plusieurs égards !
Une action à ce sujet auprès de la Cour Constitutionnelle (s’il obtient gain de cause) ajouterait sans conteste un autre acquis à son palmarès déjà bien garnis de belles réalisations s’apparentant pour la plupart à de véritables défis courageusement et habilement surmontés.
Je n’appartiens à aucun parti politique et je n’ai jamais voté dans le passé pour le RNI, je dois dire cependant, qu’à mon avis et tous comptes faits, le bilan du dernier Gouvernement qu’il a présidé, en dépit de certains points grisâtres bien discutables, apparait comme le meilleur bilan qu’un Gouvernement marocain ait accompli dans notre pays depuis l’indépendance !
Ça serait bien dommage que ce parti ne puisse pas en récolter les fruits tant attendus et combien légitimes lors du prochain scrutin !
De ma modeste position, je ne peux que leur souhaiter plein succès !