Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, maître d’œuvre de l’organisation des élections et garant de leur transparence ainsi que de leur bon déroulement, semble avoir placé la barre très haut dans la lutte contre les dérives liées à l’achat des voix.
À la faveur des modifications apportées au Code électoral et afin de tenir la promesse d’organiser les élections législatives du 23 septembre prochain sous le signe du « zéro achat de voix », y compris durant la période préélectorale, les services centraux du ministère de l’Intérieur ainsi que leurs représentations territoriales ont reçu pour instruction ferme de s’inscrire pleinement dans cette démarche.
Une circulaire détaillée précise les moyens qui seront mobilisés pour combattre ce phénomène ayant entaché de nombreux scrutins par le passé. Les premiers concernés seraient les élus actuellement à la tête des communes et leurs adjoints. En ciblant cette catégorie, l’administration semble partir du constat que certains responsables locaux pourraient être tentés d’utiliser les moyens humains et matériels de leurs collectivités afin de préparer leur candidature aux prochaines élections législatives ou de renforcer leur influence électorale.
Pour y faire face, la nouvelle stratégie prévoit un suivi rapproché des candidats actuels, potentiels ou déjà déclarés. Leurs déplacements, réunions et activités de campagne pourraient faire l’objet d’une surveillance accrue. Les communications suspectes, les publications diffusées ainsi que les échanges sur les réseaux sociaux seraient également scrutés avec une attention particulière, notamment lorsqu’ils impliquent des collaborateurs ou des intermédiaires potentiels.
Avec un dispositif aussi ambitieux, les autorités espèrent dissuader toute tentative de fraude électorale ou de corruption des électeurs.
Il s’agit sans doute de l’une des opérations de contrôle les plus importantes jamais déployées dans le cadre d’un scrutin législatif au Maroc, avec l’appui de magistrats spécialement mobilisés pour traiter les infractions électorales. Reste désormais à savoir si cette stratégie produira les résultats escomptés. Le verdict tombera au lendemain du scrutin, lorsque les autorités dresseront le bilan de cette vaste opération de moralisation de la vie politique.
Par Jalil Nouri


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