Les collectivités territoriales marocaines continuent d’afficher une situation financière globalement saine. Selon les dernières données publiées par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR), l’exécution des budgets locaux a dégagé, à fin avril 2026, un excédent global de 6,55 milliards de dirhams, contre 6,9 milliards de dirhams à la même période de l’année précédente.
Bien qu’en léger recul sur un an, cet excédent témoigne de la capacité des collectivités à maintenir un équilibre budgétaire dans un contexte marqué par des besoins croissants en infrastructures, services publics de proximité et équipements collectifs.
La TGR précise que ce résultat tient compte d’un solde positif généré par les comptes spéciaux et les budgets annexes. L’objectif est de permettre aux collectivités de faire face aux dépenses déjà engagées ou programmées, notamment celles qui devront être réglées au cours de l’exercice 2026.
Les recettes ordinaires des collectivités territoriales ont atteint 15,51 milliards de dirhams, en progression de 4 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette évolution est principalement portée par la forte hausse des recettes directement gérées par les collectivités elles-mêmes, qui ont bondi de près de 27 %. Les recettes transférées par l’État ont également progressé, mais à un rythme plus modéré.
Cette tendance est souvent interprétée comme un signe encourageant de l’autonomie financière progressive des collectivités, l’un des objectifs majeurs du processus de régionalisation avancée engagé par le Royaume.
Du côté des dépenses, les collectivités ont consacré près de 7,97 milliards de dirhams à leur fonctionnement, soit une légère baisse de 1,3 %. Cette diminution résulte principalement d’une réduction des dépenses liées aux biens et services, tandis que les charges de personnel poursuivent leur progression.
Au-delà de l’excédent dégagé cette année, les finances locales bénéficient également des reliquats accumulés lors des exercices précédents. Ainsi, les excédents globaux cumulés des collectivités territoriales atteignent désormais 69,3 milliards de dirhams.
Cette importante réserve financière constitue un levier essentiel pour assurer la continuité des services publics locaux, financer les projets d’investissement, honorer les engagements contractuels et couvrir les dépenses incompressibles telles que les salaires, les factures d’eau et d’électricité, les loyers ou encore les intérêts de la dette.
Les communes demeurent les principales contributrices à cette situation financière favorable, puisqu’elles représentent à elles seules près de 62 % des excédents globaux enregistrés.
Toutefois, cette performance budgétaire soulève également une question récurrente : ces excédents importants traduisent-ils une gestion rigoureuse des finances locales ou révèlent-ils, dans certains cas, des retards dans la réalisation de projets d’investissement attendus par les citoyens ?
À l’heure où les attentes des populations en matière de mobilité, de propreté, d’éclairage public, de santé de proximité et d’espaces verts sont de plus en plus fortes, le véritable défi pour les collectivités ne consiste plus seulement à dégager des excédents, mais à transformer efficacement ces ressources en projets concrets capables d’améliorer durablement le quotidien des Marocains.












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