Désespérant de voir les pouvoirs publics se contenter d’observer des marchés livrés à une spéculation incontrôlée, les consommateurs marocains, lassés par des hausses jugées abusives, placent désormais leurs espoirs dans un plafonnement des prix.
Qu’il s’agisse des carburants, de la viande ovine dont les prix oscillent aujourd’hui entre 170 et 200 dirhams, un niveau inédit même en période de crise ou encore des légumes, dont les tarifs connaissent une envolée difficilement compréhensible, le constat est le même : le panier de la ménagère devient de plus en plus inaccessible. Chaque jour apporte son lot de mauvaises surprises, dans des marchés que les consommateurs désertent progressivement.
Accaparé par les échéances électorales, le gouvernement semble peu enclin à répondre à ce ras-le-bol grandissant. Pourtant, l’urgence est réelle : mettre un terme à cette spirale qui accentue l’appauvrissement et entraîne une accumulation d’invendus sur les étals.
De nombreux citoyens s’interrogent sur le refus des autorités d’instaurer une politique claire de plafonnement des prix, accompagnée d’un suivi rigoureux, afin de réguler le marché et de rassurer une population de plus en plus inquiète.
L’argument, souvent avancé, de la libéralisation de l’économie ne convainc plus. Plusieurs pays ayant adopté des mécanismes de plafonnement ont démontré leur efficacité, notamment pour les produits de grande consommation. Dans ce contexte, le Maroc qui dispose d’une production locale significative dans plusieurs secteurs relevant de la souveraineté alimentaire pourrait s’inspirer de ces expériences pour mettre fin à un laisser-aller devenu préoccupant.
Fermer les yeux et temporiser ne constitue plus une option viable. Car le réveil pourrait être brutal, notamment lors des prochaines échéances électorales, où les citoyens auront l’occasion d’exprimer leur mécontentement.
Par Jalil Nouri












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