La mobilisation recule, la tension persiste. Ce samedi 31 octobre, 320 000 personnes ont manifesté en France, dont 70 000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. Ils étaient 410 000 une semaine auparavant et 550 000 le 17 octobre. Pour l’exécutif, cette baisse constitue un répit. Elle ne vaut pas sortie de crise.
En début de soirée, Laurent Nuñez annonçait 422 interpellations. Tout en reconnaissant que les cortèges s’étaient globalement bien déroulés, le ministre dénonçait des groupes violents qu’il rattachait à l’ultragauche radicale. Cette attribution demeure celle du gouvernement ; les responsabilités individuelles relèvent des enquêtes.
À Nantes et Marseille, des tensions persistaient dans la soirée. À Paris, des affrontements ont suivi l’arrivée du défilé porte de Charenton, avant de nouveaux appels à rejoindre Bastille et Châtelet. À Lyon, la préfecture déclarait la situation sous contrôle. Le pays présente donc des situations contrastées, loin d’un affrontement uniforme.
Le gouvernement peut défendre son dispositif sécuritaire, mais il serait politiquement hasardeux de réduire cette journée aux violences. Les revendications contre la vie chère et pour de meilleures conditions d’études restent présentes. Le maire de Marseille, Benoît Payan, a lui-même appelé à des réponses politiques tout en condamnant les fauteurs de troubles.
La difficulté de Macron et Lecornu demeure entière : comment transformer une maîtrise de l’ordre public en apaisement durable ? La baisse de participation peut signaler un essoufflement ; elle ne prouve ni l’adhésion au gouvernement ni la disparition des difficultés.
Les organisateurs doivent, eux aussi, empêcher que les violences confisquent leur message et fragilisent leurs soutiens.
Ce samedi soir, le pouvoir gagne du terrain sur la mobilisation, sans avoir réglé ses causes. La prochaine bataille sera celle des réponses concrètes. Car disperser un cortège prend quelques heures ; reconstruire la confiance exige davantage qu’un bilan policier.



Contactez Nous