Le Yémen risque de payer une nouvelle fois le prix des affrontements régionaux. Les autorités sanitaires contrôlées par les Houthis ont annoncé, samedi 7 novembre, au moins 27 morts et 36 blessés dans des frappes contre des habitations du secteur de Bani Hushaysh, près de Sanaa. Elles accusent l’Arabie saoudite et affirment que les victimes sont majoritairement des femmes et des enfants. Reuters n’a pas pu vérifier indépendamment ces déclarations. Sollicité, le Centre saoudien de communication internationale n’avait pas apporté de réponse sur le fond dans le compte rendu disponible.
Ces précautions sont essentielles. Les informations proviennent d’une partie au conflit ; les bilans provisoires et l’attribution des attaques doivent donc être examinés séparément. Les déclarations locales ne suffisent pas, à elles seules, à établir les responsabilités ni les circonstances exactes des frappes.
Les secours eux-mêmes exposés
Les responsables houthis affirment également que des frappes supplémentaires auraient touché les équipes intervenant auprès des victimes. Associated Press rapporte ces accusations, tout en précisant ne pas avoir pu les vérifier de manière indépendante. L’agence décrit des images diffusées par la télévision Al-Masirah montrant des enfants blessés et des maisons détruites.
Si les attaques contre les secours étaient établies, elles soulèveraient des questions particulièrement graves. Une enquête indépendante devrait déterminer les objectifs visés, les précautions prises et les conditions d’intervention des équipes médicales. La qualification juridique des faits ne peut toutefois être déduite du seul bilan annoncé.
Une guerre intérieure aux ramifications régionales
Le conflit yéménite s’est ouvert avec la prise de Sanaa par les Houthis en 2014, avant l’intervention d’une coalition dirigée par Riyad en soutien au gouvernement internationalement reconnu. Le pays demeure fragmenté entre plusieurs forces. La reprise des affrontements depuis l’été menace les acquis de la trêve conclue en 2022 sous médiation onusienne.
L’escalade s’inscrit désormais dans le contexte du conflit plus large entre Washington et Téhéran. Mais réduire la guerre à une confrontation entre puissances étrangères effacerait ses causes locales, les rivalités yéménites et les intérêts propres de ses acteurs.
Le danger est celui d’un engrenage : chaque attaque peut servir de justification à une riposte, laquelle alimente une nouvelle opération. Les civils subissent alors les conséquences de décisions militaires prises sans perspective politique crédible.
Une catastrophe qui dépasse les bombardements
À Taëz, l’ONU alertait déjà le 20 octobre sur les fermetures de routes, les pénuries de carburant et les difficultés d’approvisionnement. Elle décrivait un système de santé proche de l’effondrement, des risques pour l’oxygène médical et un accès à l’eau fortement dégradé. Elle demandait aux autorités houthies de permettre le passage sans entrave des biens essentiels et de l’aide.
Cette réalité rappelle que les responsabilités doivent être examinées pour toutes les parties. Les bombardements ne constituent pas la seule menace : restrictions de circulation, rupture des soins et renchérissement des denrées peuvent également tuer.
La réponse urgente doit associer protection des populations, accès humanitaire, vérification des faits et désescalade. Elle devra surtout déboucher sur un dialogue incluant les acteurs yéménites. Sans cela, chaque bilan supplémentaire prolongera une guerre dont les habitants ne peuvent plus supporter le coût.












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