Refuser de payer un gardien de voitures autoproclamé ne devrait jamais exposer un automobiliste aux insultes ou aux coups. À Sidi Othmane, à Casablanca, l’affaire de l’agression dénoncée par le conseiller d’arrondissement Abdelilah Frakh remet au premier plan une question devenue incontournable : jusqu’à quand l’espace public pourra-t-il être transformé en territoire de prélèvements imposés ?
Selon les éléments rapportés par Al Akhbar, des membres du conseil d’arrondissement ont exprimé leur solidarité avec l’élu, victime de violences ayant notamment occasionné des ecchymoses au visage. Ils ont réclamé une intervention ferme des autorités locales et des services de sécurité contre les pratiques d’intimidation exercées sous couvert de surveillance des véhicules.
Les élus affirment également qu’aucune autorisation de gardiennage n’a été accordée par le conseil communal sur le territoire de Sidi Othmane. D’après les éléments du procès-verbal policier relatés dans les informations communiquées, l’homme mis en cause aurait reconnu exercer sans autorisation et avoir été sous l’emprise de stupéfiants lors de l’agression. Ces déclarations rapportées restent à apprécier dans le cadre de la procédure judiciaire.
Au-delà de cette affaire, le mécanisme dénoncé est intolérable : s’attribuer une portion de rue, fixer un montant et faire comprendre au conducteur que son refus pourrait lui coûter davantage. Lorsqu’une demande d’argent s’accompagne de menaces, d’injures ou de violences, le prétendu service devient un instrument de contrainte.
Un gilet fluorescent ne constitue pas une autorisation. La présence quotidienne sur un trottoir ne confère aucun droit de propriété sur les places voisines. Et la précarité, qui appelle des réponses sociales, ne saurait justifier l’agression d’un citoyen.
Il appartient désormais aux autorités de rendre les règles visibles et leur application effective : identifier les emplacements légalement exploités, afficher les tarifs autorisés lorsqu’ils existent, contrôler les occupations irrégulières et donner suite aux plaintes. Les interventions ponctuelles perdent leur portée si les mêmes pratiques reprennent dès le lendemain.
L’agression d’un élu appelle une réponse, comme celle de tout autre automobiliste. La protection doit être la même pour tous, indépendamment de la capacité de chacun à faire entendre sa voix.
Il est temps de mettre fin au racket déguisé en gardiennage, par des contrôles durables et des poursuites lorsque les faits le justifient. Le droit de stationner doit relever de règles publiques, jamais du rapport de force.












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