Traditionnellement, c’est au chef du gouvernement de venir présenter devant le Parlement le projet de loi de finances et de répondre aux questions des députés par la suite.
Avec le gouvernement Mansouri, la donne a changé puisque c’est le ministre de l’Économie et des Finances ainsi que de la Performance publique qui s’est chargé de la tâche, et lui seul. Ce rôle lui donne ainsi une importante longueur d’avance, dès le début du mandat, sur ses collègues pour revendiquer implicitement un rôle de numéro 2 de l’Exécutif après Mansouri. Du reste, et comme signe annonciateur des ambitions politiques du ministre Lakjâa avant sa nomination, il avait joué un rôle important, avec un pouvoir de décision, lors des négociations avec les partis sur le plan des choix économiques à inscrire dans le futur programme commun.
Les leaders des partis retenus pour se joindre au PAM avaient alors remarqué que Faouzi Lakjâa se présentait par avance comme un maître en second à bord du PAM et qu’il avait la main sur les dossiers aussi bien politiques qu’économiques, alors qu’il venait à peine de rejoindre le PAM et de battre le rythme de sa campagne électorale comme un cador. Depuis, l’homme ne rate quotidiennement aucune occasion d’apparaître comme un chef d’orchestre qui tient les clés du gouvernement et qui, par son rôle d’argentier du pays, peut couper les vivres, faire et défaire les politiques sectorielles et, au final, décider de tout.
Maîtrisant à la perfection tous les dossiers, il ne serait pas étonnant de voir Faouzi Lakjâa faire la pluie et le beau temps dans cet Exécutif, non sans créer des remous avec les leaders des partis partenaires dans la coalition, qui voient déjà en lui un homme à craindre.












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