Le nouveau gouvernement Mansouri s’achemine, dans sa future composition, vers un scénario qui pourrait se résumer au dicton populaire « bonnet blanc et blanc bonnet », au vu des derniers virages pris dans les concertations.
Craignant les affres de l’opposition aux côtés des islamistes du PJD sur les mêmes bancs au Parlement, le RNI, anciennement dirigé par Akhannouch et grand perdant des élections, a rapidement fait savoir, après les discussions avec la cheffe du gouvernement désignée, qu’il était disposé à rejoindre la future majorité. Une manière de rester au pouvoir après avoir dirigé l’Exécutif durant les cinq dernières années, avec un bilan que ses détracteurs jugent peu flatteur, malgré certaines réalisations.
Au cours de la campagne électorale, le RNI avait trouvé judicieux de frapper fort contre son rival déclaré, le PAM, à la porte duquel il vient désormais frapper. Contraint de revoir ses ambitions face au PAM et à l’Istiqlal, il pourrait cette fois devoir se contenter de simples strapontins au gouvernement, sans être en position de force. Encore faudra-t-il que ces formations s’accordent sur un programme commun. Le PAM devra alors mesurer ce que lui apporte cet allié, mais aussi le coût politique d’une reconduction de l’équipe majoritaire sortante.
Le PAM prendrait ainsi un double risque : porter une partie du passif de son ancien partenaire et voir les négociations sur les responsabilités ralentir la dynamique que Fatima Ezzahra El Mansouri souhaite imprimer. La répartition des postes stratégiques, notamment la présidence de la Chambre des représentants et le ministère de l’Économie et des Finances, pourrait devenir un point de friction si le RNI cherchait à les conserver.
Son empressement à afficher sa disponibilité contraste avec les annonces le présentant jusqu’alors comme prêt à rejoindre l’opposition. Il reste toutefois à distinguer cette ouverture d’une décision définitive de participation, ainsi que des conditions qui pourraient l’accompagner.
Pour la cheffe du gouvernement désignée, l’équation est délicate : construire une majorité confortable tout en donnant un contenu crédible à la promesse de changement. Fatima Ezzahra El Mansouri parviendra-t-elle à renouveler l’action gouvernementale avec les mêmes partenaires, ou sa politique de la main tendue finira-t-elle par brouiller le message des urnes ?



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