Un dirham de plus peut sembler dérisoire. Pour un étudiant, un salarié ou une famille comptant chaque dépense, il devient pourtant une charge supplémentaire dans un quotidien déjà contraint. Alors que le gasoil dépasse les 16 dirhams le litre dans certaines stations, des professionnels des grands taxis envisagent de relever leurs tarifs. Des témoignages rapportés dans la presse font également état d’augmentations déjà pratiquées dans certaines villes, sans qu’une décision générale soit établie.
Derrière cette tension, deux réalités se font face. Les chauffeurs voient le carburant absorber une part croissante de leurs recettes. Les passagers, eux, disposent rarement d’une marge pour supporter de nouveaux frais. Pour une personne effectuant un aller-retour pendant vingt-six jours, une hausse d’un dirham par trajet représente 52 dirhams supplémentaires par mois. La facture grimpe lorsqu’il faut multiplier les correspondances ou financer les déplacements de plusieurs membres du foyer.
La question des aides publiques aux transporteurs mérite donc une réponse précise : dans quelle mesure permettent-elles de contenir les tarifs payés par les usagers ? Leur maintien ne dispense pas d’évaluer leur efficacité concrète. Les associations de consommateurs dénoncent, pour leur part, les augmentations appliquées sans autorisation préalable.
Il faut entendre les difficultés des chauffeurs tout en protégeant les passagers. Cela suppose des décisions transparentes, une concertation avec les professionnels et un contrôle effectif des tarifs.
Car le véritable danger réside dans l’accumulation : transport, alimentation, logement, scolarité. Chaque hausse paraît supportable isolément ; ensemble, elles réduisent les choix des familles. Le pouvoir d’achat se défend aussi sur ces trajets ordinaires qui permettent d’étudier, de travailler et de vivre.












Contactez Nous